Merci, c’est exactement ça. Celui qui écrit écrit parce qu’il doit le faire. C’est plus qu’une impulsion, c’est l’élan vital. Un ami poète comparaît son énergie créatrice à l’énergie sexuelle.
Je n'en peux plus de ces messages : "on va avoir de moins en moins besoin de gens qui écrivent. " "Il va y avoir trop de livres". "Un jeune gars qui a 16 ans ne peut pas décemment, avec l'I.A, envisager une carrière d'écrivain."
Pardon, mais ce sont des conneries. Tous ces gens qui parlent de l'écriture ne sont pas des gens qui écrivent.
La vérité (la mienne, en tout cas) est celle ci : un gars écrit parce qu'il a besoin d'écrire. Et il le fait contre le monde entier. Un gars qui écrit ne sera pas publié et même s'il est publié, il ne gagnera pas d'argent avec sa production, pas assez pour en vivre, en tout cas.
C'était déjà comme ça hier. C'est comme ça aujourd'hui. Ca sera peut-être encore pire demain, peut-être, mais ça n'a aucune importance pour celui qui écrit.
Ecrire, ce n'est pas une carrière en CDI. Ecrire, ce n'est pas non plus parler d'écriture sur Instagram ou sur Tik-Tok. Ecrire, ce n'est pas passer à la télé, faire des salons ou blablater dans les écoles sur l'importance de lire des livres et de se brosser les dents avant d'aller au lit.
Ecrire, ce n'est pas un statut social, une attitude de gars torturé ou un cocktail à St germain des prés. On peut faire tout ça EN PLUS d'écrire ou A LA PLACE de l'écriture mais, écrire, c'est écrire. Ecrire, c'est s'assoir derrière sa machine et, pour reprendre la formule consacrée, saigner jusqu'à ce que mort s'en suive. Ecrire, c'est A LA FOIS une bénédiction et une malédiction.
Et donc...Et donc, ça n'a rien à voir avec l'I.A et, au delà, avec le pognon. l'I.A peut vous produire un bouquin de 300 pages en quelques minutes mais écrire, c'est précisément écrire DANS LA DOULEUR ces 300 foutues pages pour être le plus heureux des Hommes quand la guerre est terminée.
C'est rien d'autre.
Si un gars veut vraiment écrire, il trouvera un moyen d'écrire. Il écrira avant d'aller travailler le matin ou il fera le bar ou il donnera des cours particuliers ou il fera des déménagements. Le gars qui veut écrire fera ce qu'il faut pour gagner de l'argent pour bouffer et il se dégagera du temps d'écriture. C'est dur ? Evidemment que c'est dur. Ecrire est à la portée de tout le monde, mais tout le monde n'est pas fait pour ça. Tout le monde n'est pas prêt à faire les sacrifices nécessaires. Parce qu'écrire, c'est prendre sur ses loisirs, sur son couple, sur ses enfants, sur sa vie et sur Dieu.
Moi, j'étais catégorie A dans la fonction publique. 20 ans de boutique, je gagnais 4000 balles par mois. J'ai tout plaqué pour écrire. C'était il y a 8 ans. Maintenant je gagne le SMIC, grosso modo. Est-ce que c'est débile ? Bien sûr que c'est débile. Pour le commun des mortels, ça l'est. Mais pour un gars qui veut VRAIMENT, écrire, c'est la seule chose à faire.
Ma conclusion, toute personnelle. Si vous voulez écrire, écrivez. Ne vous emmerdez pas avec ces oiseaux de mauvais augure qui veulent juste que vous fassiez votre leur médiocrité. Vous trouverez une façon. J'y arrive bien, moi.