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@nbouzou Nicolas Bouzou nâest pas un journaliste de rĂ©daction. Ăconomiste libĂ©ral, essayiste et chroniqueur, il a fondĂ© en 2006 le cabinet AsterĂšs. Son discours, innovation, propriĂ©tĂ© intellectuelle, grande entreprise, vaccination, souverainetĂ© sanitaire, est stable. Ce qui change en 2018, câest le dispositif qui le porte.
Cette annĂ©e-lĂ , le rĂ©sultat net dâAsterĂšs passe de 27 200 ⏠à 269 000 âŹ. Il crĂ©e une seconde sociĂ©tĂ©, AsterĂšs Ătudes et Conseils, et lance les Rencontres de lâAvenir Ă Saint-RaphaĂ«l, avec le maire FrĂ©dĂ©ric Masquelier. LâĂ©vĂ©nement est gratuit, financĂ© par des sponsors privĂ©s ; la ville fournit le palais des congrĂšs et une partie de la logistique. Partenaires nommĂ©s : Sanofi, GRDF, Eurogroup Consulting, La Tribune, Radio Classique, et AsterĂšs. Les comptes Ă©tant confidentiels, rien ne prouve que le bond vient des Rencontres. Le calendrier coĂŻncide.
Ses convictions se lisent alors comme la ligne dâun libĂ©ral dont les clients occupent le terrain quâil dĂ©fend Ă lâantenne. La doctrine ne bascule pas. Elle se spĂ©cialise sur les dossiers qui paient.
Le prĂ©cĂ©dent est antĂ©rieur. En 2015-2016, AsterĂšs facture 10 000 ⏠hors taxes Ă Uber pour une Ă©tude, « une innovation au service de la croissance », avec un relais presse et parlementaires. Les Uber Files et lâaudition Ă lâAssemblĂ©e en 2023 montrent quâelle a servi de caution Ă la plateforme. Bouzou invoque lâindĂ©pendance du contrat. Le Monde a publiĂ© des Ă©changes qui contredisent en partie ce rĂ©cit. En 2019, client dâAĂ©roports de Paris, il signe dans Le Figaro une tribune pour une privatisation totale, « trĂšs cher », sans mentionner le lien. Marianne le relĂšve.
Challenges Ă©tablit en 2025 quâAsterĂšs produit pour LVMH des Ă©tudes dâempreinte et que Bouzou intervient en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Quand Bernard Arnault dĂ©nonce la surtaxe, il rĂ©pond quâil « nous faudrait dix fois plus de LVMH ». Le cabinet a aussi travaillĂ© pour Huawei, CMA CGM, des mutuelles, Galileo. Environ quarante Ă©tudes par an, autour de 25 000 ⏠piĂšce selon la presse : un ordre de grandeur, pas un chiffre certifiĂ©.
Les Rencontres ferment la boucle. Sanofi et GRDF en sont partenaires. Charles Wolf et Vincent Aroles, de Sanofi, y parlent prĂ©vention ; Novo Nordisk, TotalEnergies, CNP Assurances et Philip Morris y envoient des dirigeants, le dernier sur « fumera-t-on encore dans vingt ans ? ». En 2021, il co-introduit avec Pharmaceutiques une matinĂ©e en partenariat avec Ipsen, Biogaran, le G5 SantĂ© et GE Healthcare. En 2024, il y prĂ©sente une Ă©tude sur lâobĂ©sitĂ©, en prĂ©sence de Novo Nordisk.
Ses tribunes de 2020-2021, ne pas lever les brevets, rĂ©compenser les laboratoires, faire de la vaccination la seule sortie de crise, collent Ă sa doctrine et au discours que cet Ă©cosystĂšme a intĂ©rĂȘt Ă entendre. En 2026, sur LCP, il juge « dinguerie » le faible taux de vaccination grippale des soignants et se dit prĂȘt Ă le rendre obligatoire, au moment oĂč un rapport auquel il est associĂ© propose de baisser les cotisations des personnes vaccinĂ©es.
Rien ne prouve que chaque phrase est rĂ©digĂ©e contre facture. La chronologie montre quâĂ partir de 2018 le dispositif, seconde sociĂ©tĂ©, Ă©vĂ©nement sponsorisĂ© par Sanofi, GRDF et Eurogroup, rĂ©sultat multipliĂ© par dix, fait circuler cette doctrine lĂ oĂč elle est utile, puis dans les mĂ©dias, sans que le sponsor soit rappelĂ©. La conviction et lâintĂ©rĂȘt avancent ensemble.