Maires de France, et si nous refusions d’accorder notre parrainage aux candidats du chaos ?
Ce matin, j’ai une boule au ventre.
Les images de l’hôtel de ville de Limoges en flammes m’ont hanté toute la nuit. Une mairie, c’est notre maison commune. Ceux qui y sont entrés pour la brûler se sont attaqués à ce symbole.
Dans plusieurs villes de France, des bâtiments publics ont été incendiés, des commerces pillés. Derrière ces commerces, il y a le travail, les économies, les sacrifices d’une famille. Parfois, toute une vie détruite en quelques minutes.
Voilà ma colère : voir détruire en quelques heures ce que tant de Français passent leur vie à construire. Une colère froide, républicaine, qui doit nous conduire à agir.
Les difficultés sociales exigent des réponses. Hier, des manifestants pacifiques portaient des revendications légitimes. Mais aucune difficulté ne donne le droit de détruire. La violence aggrave les souffrances et confisque la parole de ceux qui manifestent pacifiquement.
Distinguer les manifestants des casseurs ne doit pourtant masquer aucune responsabilité. Les éventuels liens entre organisateurs des mobilisations et organisateurs des violences doivent être examinés. Je refuse ce double jeu politique : se réclamer des revendications pacifiques, encourager les affrontements, puis exploiter le désordre pour conquérir le pouvoir.
On ne peut pas nourrir l’incendie et se présenter en recours devant les flammes.
Car l’enjeu dépasse les dégâts matériels. La France s’est construite au fil des siècles. Des générations ont lutté pour notre République et nos libertés. Aucune ambition politique ne justifie de sacrifier cet héritage.
Les maires le font vivre chaque jour : écouter, aider, protéger, apaiser. Ils savent combien construire exige de persévérance. Défendre ce lien impose de soutenir les victimes, de rétablir les services publics et de faire en sorte que les auteurs des violences, comme leurs éventuels organisateurs, répondent de leurs actes devant la justice. Mon soutien va aux policiers, aux gendarmes et aux sapeurs-pompiers qui nous protègent.
Cette responsabilité engage aussi nos choix politiques. Le Conseil constitutionnel qualifie le parrainage d’un candidat à l’élection présidentielle d’« acte politique grave ».
J’appelle tous les maires et tous les élus de France à faire barrage au nom de la République.
Refusons de donner notre parrainage à tout candidat du chaos, à ceux qui encouragent ou légitiment la violence, bafouent les libertés démocratiques, méprisent nos institutions ou font du désordre un instrument de conquête du pouvoir.
Ma signature engage ma conscience de républicain. Elle sera fidèle à ce que je défends chaque jour : une République qui écoute, qui protège, qui unit et qui fait respecter ses lois.
Aucune quête du pouvoir ne vaut qu’on lui sacrifie la France et la République.
Oct 18, 2026 · 7:50 AM UTC
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