Le président a parlé.
Il aurait mieux fait de se taire.
A ce stade il n’aura exhibé que l’impuissance et la lâcheté de l’Etat.
Il n’a même pas su poser des mots sur la situation. Il a évité le réel.
Il nous vend une analyse frelatée, comme si la situation était liée à des comportements individuels et non à une radicalisation politique et à l’exaltation de la violence par LFI et les islamistes. Il y a une responsabilité individuelle des casseurs mais il y a surtout une instrumentalisation et une légitimation de la violence politique. Et elle n’est pas dissimulé.
C’est donc volontairement que le président ignore le fait que le drapeau palestinien, le même qui a flotté sur les massacres de 7 octobre, était omniprésent dans cette manifestation et flotte devant les photos d’édifices publics incendiés et de magasins pillés.
L’histoire des gentils manifestants contre les méchants casseur est une escroquerie mais cela ne fera pas oublier aux Français que tous brandissent les mêmes symboles et utilisent les mêmes éléments de langage. La vie chère n’était qu’une couverture, ce à quoi on a assisté c’est à cette intifada à laquelle appellent les nervis de Melenchon.
D’ailleurs les justifications des casseurs comme de nombre d’étudiants et lycéens reprennent les discours de LFI, les jeunes exhibent leur keffieh comme l’emblème de leur hauteur morale et agitent les drapeaux palestiniens, voyous et exaltés petits bourgeois sont confits dans le ressentiment et justifient des violences et exactions inexcusables.
Ce qui se passe n’est pas qu’une histoire de casseur, c’est l’illustration de ce que disait Collomb : de côte à côte, on est à présent face à face et les lignes de fracture sont posés par les islamistes et légitimés par les gauchistes.
Macron aura été lâche jusqu’au bout, la seule chose qu’il eut pu faire d’utile aurait été de dire cela, car le taire n’empêchera pas qu’il faudra un jour l’affronter. Mais il s’en moque. Après lui, le déluge.
Quant à ses rodomontades en mode les casseurs vont payer, personne n’y croit. Pas plus qu’à la justice intransigeante.
Mais surtout, s’il faut parler de l’avenir de l’éducation nationale, il est temps de dire les choses. Aujourd’hui le bac ne vaut plus rien et la massification de l’enseignement supérieur a produit des fausses élites médiocres et qui n’ont que le déclassement comme horizon. Il faut être plus sélectif au lycée et à l’entrée à l’université. Et même très sélectif. Quand l’ascenseur social fonctionnait à plein, dans les années 60, 1 jeune sur 5 d’une génération avait le bac. Aujourd’hui la massification des diplômes accompagne la chute du niveau d’instruction, du niveau intellectuel, la fin de la mobilité sociale et la dégringolade dans les classements. Et le président propose d’organiser des rencontres tout en niant la présence d’un éléphant dans la pièce. C’est un peu comme pour les drapeaux palestiniens dans les manifestations du 17 octobre.
En attendant je pense à ces commerçants en larme devant une vie de travail saccagé, au Maire et aux habitants de Limoges devant leur bel hôtel de ville en cendre, je pense aux policiers blessés et à tous les Français qui eux voient bien qui alimente la violence politique et qui ne peut la combattre car il refuse même de la nommer.
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