rédactrice au magazine pensée magique contre l'emprise et la manipulation. j'ai passé 10 ans en biodynamie. je témoigne de ce que j'y ai vu et vécu.

BONJOUR TWITTER !😃 Après un travail de relecture long et fastidieux, je vous annonce que mon manuscrit sur mon parcours en #biodynamie est terminé ! 10 ans dans un système sectaire, 10 ans d'errance dans un livre. Je cherche maintenant un bon éditeur Thread à rt !
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Camille biodynamite retweeted
"Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes" Président Bush, 2001. Cette triste rhétorique est toujours à l'œuvre. Elle nous renseigne sur la valeur de ceux qui l'emploient, sur l'estime qu'ils portent au public auquel ils s'adressent.
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J'ai bien regardé les comptes Macronistolibertariens compatibles ils ont pas l'air de trop s'inquiéter quand des nazi défilent dans les rues de Lyon malgré le couvre feu.
Des militants d'ultradroite défilent dans le centre-ville de Lyon malgré l'interdiction des attroupements, après un rassemblement en soutien aux commerçants l.franceinfo.fr/KAI
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Fausses prières de rue, faux pogrom à Marseille, fausses images de personnes dépouillées, fausses revendications racistes dans les manifs... L'extrême droite est en pleine opération de désinformation. Elle est là la vraie récupération politique, pas à gauche.
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Camille biodynamite retweeted
"Le médecin a déclaré que j'étais un miraculé" : Raphaël, 17 ans, victime de violences policières le 17 octobre à Paris, il témoigne 👇
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Camille biodynamite retweeted
Sylvain Durif n'est pas qu'un illuminé. Il est aussi imbibé des théories du complot les plus débiles et les plus inquiétantes...
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Ça fait un certain temps que je n'arrive plus à ouvrir X. je ne supporte plus ce que j'y lis. Voir des personnes que j'apprécie justifier que les forces de l'ordre mutilent des enfants pour les empêcher de s'exprimer me dégoûte profondément. 🧶
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je m'interroge sur ce que nous sommes en train de devenir collectivement, quand le bruit des bottes rassure davantage que la liberté de celles et ceux qui hurlent famine, et réclament une vie décente. 👇
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Je me suis toujours refusée à donner mes opinions politiques ici. Je fais une exception, parce que ce que je vois m'angoisse. Je reviendrai parler d'emprise sectaire sous peu. En attendant je vous dis bon vent
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Camille biodynamite retweeted
Merci pour ton soutien et le soutiens de beaucoup de gens dans qui je n’aurais pas le force de continuer 😣
Je fais un break dans ma grève pour exprimer à nouveau mon admiration et mon soutien à @CelineTestas et @HadjaraLydiia Sans aucune aide des assos les victimes luttent avec une combativité et d'une résilience énorme. Bravo les meufs ❤️❤️❤️❤️ youtu.be/sC3cnNVcpqY?is=SOB4…
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Je fais un break dans ma grève pour exprimer à nouveau mon admiration et mon soutien à @CelineTestas et @HadjaraLydiia Sans aucune aide des assos les victimes luttent avec une combativité et d'une résilience énorme. Bravo les meufs ❤️❤️❤️❤️ youtu.be/sC3cnNVcpqY?is=SOB4…
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Désolé pour ce long fil, mais ce matin je vois des appels "aux meurtres" contre les manifestants. Je ne sais pas ce qui se passe en France, pour qu'on en arrive là. Donc je vais livrer mon témoignage que j'espère éclairant. Je viens des quartiers Nord de Marseille. Pur produit des cités, je comprends un peu cette polarisation actuelle en France. Ce qui me frappe, c'est la facilité avec laquelle certains commentent les violences sociales sans jamais chercher à comprendre ce qui les précède. Comme si les gens se réveillaient un matin avec l'envie de tout casser. Comme si la défiance envers les institutions apparaissait spontanément, sans histoire, sans contexte et sans raisons. Je ne comprends pas que certains Français refusent de voir que, depuis des décennies, certaines populations cumulent les difficultés et subissent des défaillances institutionnelles qui finissent par peser sur leur quotidien. Je ne prétends pas que mon expérience représente celle de tous les habitants des quartiers populaires. Ce serait absurde. Mais elle raconte une réalité que beaucoup ne connaissent pas, ou préfèrent ne pas regarder en face. Je vais donc essayer de vous contextualiser un peu la vie de certaines personnes. → L'école, premier abandon. J'ai fait ma scolarité au début des années 2000 dans un lycée en zone prioritaire, coincé entre deux cités pourries qui tiennent à moitié debout. Les seules choses à peu près correctes, c'était un stade de foot, en terre évidemment. On ne va quand même pas investir dans une pelouse pour des jeunes. Et une piscine municipale, désormais fermée dans l'attente d'un désamiantage depuis dix ans. Dans ma classe, nous étions 29. Une grande majorité avait été envoyée au lycée sans avoir le niveau requis. Certains savaient à peine lire à voix haute. Je ne sais même pas comment ils avaient obtenu le brevet. Je n'étais pas particulièrement un bon élève, mais, pendant les deux années que j'y ai passées, j'arrivais à obtenir des moyennes de 17 ou 18 dans des matières où j'étais catastrophique au collège. Pourquoi ? Parce que, dans beaucoup de matières, les profs étaient obligés de tout reprendre de zéro. Les profs étaient séparés en trois catégories. Ceux qui venaient faire acte de présence et déroulaient leur cours quoi qu'il se passe, peu importe qui écoutait ou non. Parfois, ils ne s'embêtaient même plus et passaient un film sur une vieille télé. Ceux qui passaient leur temps à faire la police et à envoyer des élèves chez le CPE. Et ceux qui arrivaient pleins d'espoir et se retrouvaient en arrêt maladie au bout de quelques semaines. Aucun prof d'histoire pendant toute une année. Trois profs de français différents la première année. Pour finir avec des cours assurés par une jeune surveillante qui a pris la misère de plein fouet avant de partir en dépression, après avoir subi une agression sexuelle en cours. Les cours de sport se résumaient à un seul sport : le foot. De toute façon, il n'y avait aucun matériel qui nous permette de faire autre chose. Bon, parfois, on jouait au basket avec des ballons de foot. Il y avait même un jeu entre nous pendant ces cours. Ça s'appelait « cours vit' ». Quelqu'un volait un objet à un autre élève, qui devait essayer de le récupérer. S'il échouait, il perdait son bien. RIP mon baladeur CD Sony de l'époque. Voilà le cadre dans lequel on était censés apprendre. Et je tiens à préciser une chose : je ne raconte pas ça pour me moquer des profs, dont certains faisaient ce qu'ils pouvaient dans des conditions difficiles. Je raconte ça parce qu'une école ne peut pas remplir correctement sa mission quand elle manque de moyens, de stabilité et parfois même des conditions élémentaires pour travailler. On parle beaucoup de mérite et de responsabilité individuelle. Mais le mérite ne se déploie pas dans le vide. Il faut aussi pouvoir apprendre, travailler dans un environnement relativement serein et bénéficier d'un minimum de stabilité. Un élève qui accumule les lacunes, qui ne peut pas suivre les cours et qui évolue dans un établissement où les adultes peinent à maintenir un cadre ne part pas avec les mêmes chances qu'un élève qui bénéficie d'un environnement scolaire stable. Ce n'est pas une question d'intelligence ou de valeur personnelle. C'est une question de conditions d'apprentissage. → La violence, la précarité et les perspectives qui disparaissent. Dans ma classe, nous étions trois à avoir nos deux parents qui travaillaient. Souvent, les élèves n'en avaient qu'un seul qui bossait, voire aucun. Nous étions considérés comme des « bourgeois » (ce qui était loin d'être le cas). Un de mes copains a d'ailleurs été harcelé, racketté et frappé pendant toute l'année, jusqu'à être déscolarisé l'année suivante. Il était roux. Je ne sais toujours pas pourquoi c'était si mal perçu. Chaque journée de cours comptait son lot de bagarres. Parfois en dehors des cours, parfois en plein milieu. Un regard, un mot de travers, et ça partait. Je me rappelle avoir été viré trois jours parce que je m'étais défendu contre un élève de CAP qui voulait me frapper avec un marteau. Je cite son explication : « Il pensait que je l'avais regardé de travers. » Le CPE n'a pas cherché à comprendre qui avait fait quoi. Certains élèves de ma classe ne mangeaient pas à la cantine parce que leurs parents n'avaient pas les moyens de leur payer les repas. Soit ils passaient la journée le ventre vide, soit l'un d'entre nous leur ramenait des morceaux de pain le midi. Parfois, ils allaient taxer des trucs au Carrefour du coin. Certains de mes camarades avaient aussi des activités « annexes » après les cours. Ils vendaient des trucs « tombés du camion » : baskets, polos, survêtements... Parfois, ils faisaient même le chouf pour leurs frères aînés et les réseaux de drogue. Je ne raconte pas ça pour présenter les élèves comme des délinquants en puissance. Je raconte ça parce que ces pratiques faisaient partie de l'environnement dans lequel certains d'entre nous évoluaient. Quand la précarité s'installe, que l'école ne joue plus correctement son rôle et que les perspectives semblent bouchées, les activités illégales peuvent finir par apparaître comme une possibilité parmi d'autres. Cela ne rend pas ces activités légitimes. Mais prétendre comprendre ces territoires sans parler de ces réalités serait malhonnête. → Des familles qu'on juge sans chercher à comprendre leur situation. Les réunions parents-profs étaient particulières. Mes parents venaient, très sérieux. On leur disait que je travaillais bien, et ils n'arrivaient pas à y croire. Mais beaucoup de parents ne venaient pas. Et parmi ceux qui se déplaçaient, certains ne comprenaient pas forcément ce qu'on leur disait. L'école, ça les dépassait. Il serait facile de conclure qu'ils ne s'intéressaient pas à la scolarité de leurs enfants. Mais la réalité peut être plus complexe : difficultés avec la langue, rapport compliqué à l'école, horaires de travail, précarité, difficultés à comprendre les attentes de l'institution ou sentiment de ne pas y avoir leur place. Bien sûr, certains parents se désintéressent de la scolarité de leurs enfants. Cela existe. Mais généraliser ce constat à toutes les familles revient à confondre des situations très différentes. On ne peut pas exiger des familles qu'elles compensent seules toutes les défaillances d'un système scolaire, puis leur reprocher de ne pas y parvenir. À la fin de ma deuxième année dans ce lycée, j'ai décidé de me déscolariser. Les bagarres devenaient incessantes. Mes parents voyaient que je commençais à « mal tourner ». Je séchais les cours à cause de l'ambiance de baston et, de toute façon, je n'arrivais plus à suivre. Il commençait à se vendre des trucs en classe. Même les pions s'y mettaient. À la sortie des cours, les bagarres devenaient complètement disproportionnées. Parfois, des dizaines de gamins en attendaient un seul. C'est à cette période qu'un de mes copains a été déscolarisé, en début d'année. Dix gamins lui sont tombés dessus. Traumatisme crânien. Il a fait une tentative de suicide quelques mois plus tard. J'ai suivi ce qui se passait pendant la deuxième année grâce à un copain qui était encore en cours. Un prof a été agressé. Et le taux de réussite au diplôme ? Neuf personnes sur une trentaine d'élèves. Beaucoup ont arrêté leurs études ensuite et ne sont jamais parvenus à sortir des cités. Certains se sont battus comme des dingues pour en sortir, sans y arriver. J'ai été l'un des seuls à y arriver. Je ne dis pas que les trajectoires de mes camarades étaient écrites d'avance. Justement, elles ne l'étaient pas. Mais quand autant de jeunes décrochent dans un même environnement, il devient difficile de réduire le problème à une succession d'échecs individuels. À quel moment accepte-t-on de regarder les conditions collectives dans lesquelles ces échecs se produisent ? → Des conditions matérielles indignes. Autre point dont je n'ai pas encore parlé : l'état des lieux dans lesquels nous étions censés étudier. Des trous dans les murs, jamais réparés. Des infiltrations quand il pleuvait. Il manquait des tables et des chaises en cours. Parfois, on faisait les cours à deux sur un bureau, ou assis par terre. Pour les travaux pratiques, il n'y avait aucun matériel. Je me rappelle d'un cours de physique avec une expérience sur... photocopie. Je n'ai jamais pu aller aux toilettes pendant ces deux années. Soit elles étaient cassées, soit elles étaient trop sales, avec un seul nettoyage par semaine, soit elles étaient occupées par des élèves qui faisaient du deal. Les robinets étaient tellement sales que je m'étais fait à l'idée que la seule fois où je pourrais boire dans la journée, ce serait à la cantine. On me disait régulièrement que certaines filles sortaient du lycée le midi pour aller au Carrefour ou au Quick du coin, simplement pour pouvoir utiliser des toilettes. On parle d'un lycée, pas d'un établissement abandonné au milieu d'une zone de guerre. On parle de jeunes qui étaient censés apprendre, se construire et préparer leur avenir. Et on s'étonne ensuite que certains décrochent, que les équipes éducatives s'épuisent et que les familles perdent confiance dans l'institution scolaire. Une école ne peut pas résoudre tous les problèmes sociaux. Mais elle devrait au moins offrir un cadre digne, des adultes en nombre suffisant et des conditions permettant d'apprendre. Ce sont des exigences élémentaires. Pas des privilèges. → Et les relations avec les forces de l'ordre ? C'est simple : inexistantes, du moins dans les situations que j'ai connues. Quand on assistait à un méfait, qu'on appelait les flics et qu'on leur donnait notre adresse, on nous répondait : « Désolé, on ne vient pas. » Vous pouviez voir une femme se faire tabasser ou assister à un trafic de drogue dans votre immeuble : ils ne venaient jamais, selon ce que nous constations. Par contre, de temps en temps, nous allions en centre-ville. Et à chaque fois, nous avions le sentiment que les contrôles « aléatoires », c'était pour notre gueule. Sans omettre, bien sûr, les remarques racistes que certains de mes copains se prenaient. Dans les transports, idem. Je précise que je parle de mon expérience et de mon ressenti à cette époque. Je ne prétends pas que tous les policiers se comportaient ainsi, ni que chaque contrôle était injustifié. Mais mettez-vous à la place d'un gamin qui grandit dans cet environnement. Lorsqu'il demande de l'aide, il a le sentiment que personne ne vient. Lorsqu'il se déplace ailleurs, il a le sentiment d'être davantage surveillé que les autres. Petit à petit, il peut finir par associer la police non pas à une institution qui le protège, mais à une institution qui le contrôle. Et puisque la police représente l'État, cette défiance peut s'étendre aux institutions elles-mêmes. C'est ainsi que, pour certains d'entre nous, la défiance envers les forces de l'ordre s'est installée. Nous avions le sentiment que l'État ne nous voulait pas forcément du bien, ou, au minimum, qu'il se foutait de nous. Ce sentiment n'était pas nécessairement une analyse politique élaborée. Il venait de notre quotidien, de ce que nous voyions et de ce que nous vivions. L'autorité ne repose pas uniquement sur la capacité à contrôler, sanctionner ou contraindre. Elle repose aussi sur la protection, la disponibilité et le sentiment d'être traité équitablement. Quand les institutions sont absentes au moment où les gens ont besoin d'elles, mais deviennent visibles lorsqu'il s'agit de les contrôler, il ne faut pas s'étonner que leur légitimité soit contestée. Comprendre cette défiance ne signifie pas approuver toutes les accusations contre la police. Cela signifie reconnaître qu'une relation de confiance ne se décrète pas : elle se construit, et elle peut aussi se détruire. → Vingt-cinq ans plus tard, qu'est-ce qui a changé ? Voilà le tableau de ce que j'ai vécu il y a environ vingt-cinq ans. Maintenant, je vais vous parler de la situation actuelle, telle que je l'observe autour de moi. Et mon constat est inquiétant : j'ai le sentiment que certains problèmes se sont aggravés. La police de proximité a disparu, les services publics ont reculé dans certains secteurs, les médecins se font plus rares et les commerces ferment. L'entretien de l'espace public semble parfois complètement délaissé. Les points de deal pullulent sans que les pouvoirs publics ne semblent parvenir à apporter une réponse durable. À côté de chez moi, il y a une école maternelle à 50 mètres d'un point de deal. J'ai le sentiment que tout le monde s'en tape. Je ne prétends pas que tous les quartiers populaires ont connu la même évolution, ni que rien n'a été fait depuis vingt-cinq ans. Pour établir un bilan général, il faudrait comparer les données et les politiques menées sur la durée. Mais ce que j'observe suffit à poser une question : comment peut-on demander aux habitants de respecter les institutions quand ils ont le sentiment que celles-ci ne remplissent plus correctement leurs obligations les plus élémentaires ? Parce que c'est aussi cela, le problème. On ne parle pas seulement de pauvreté. On parle d'un cumul de difficultés qui finit par réduire les possibilités de vivre dignement, de se projeter dans l'avenir et de croire que les règles communes s'appliquent à tout le monde. → Et après, on s'étonne de la colère. On dit à ces gens, qui vivent parfois dans une grande précarité, qui ont le sentiment de ne plus avoir aucune perspective et qui peuvent être six ou sept, voire plus, dans un T3 qu'ils paient 700 balles par mois : "Ne soyez pas en colère. " "Respectez les forces de l'ordre. " " Respectez l'État. " " Dites merci pour ce qu'on vous donne. " Et quand votre président refuse de discuter avec vous et va au concert de Céline Dion pendant que vous vous plaignez de l'état de vos écoles, surtout, fermez-la. Je caricature volontairement ces injonctions pour souligner une contradiction : on réclame parfois le calme, le respect et la confiance sans s'interroger suffisamment sur ce qui permettrait de les restaurer. On demande aux habitants de respecter les institutions, mais qui s'interroge sur la manière dont les institutions respectent leurs droits ? On exige des parents qu'ils s'investissent dans la scolarité de leurs enfants, mais qui s'interroge sur les conditions dans lesquelles ces enfants apprennent ? On reproche aux jeunes de ne pas respecter les règles, mais qui se demande si les adultes et les institutions leur donnent les moyens de comprendre, d'apprendre et de se construire dans un cadre stable ? On demande aux gens de croire en l'avenir, mais que leur propose-t-on concrètement lorsqu'ils grandissent dans un environnement où l'école dysfonctionne, où l'insécurité pèse sur le quotidien et où les services publics se font rares ? Cela ne signifie pas que les habitants n'ont aucune responsabilité individuelle. Cela ne signifie pas non plus que les difficultés sociales excusent les agressions, les pillages, les rackets ou les destructions. Les victimes de ces violences ne sont pas des dommages collatéraux acceptables. Elles aussi ont des droits, elles méritent d'être protégées, et elles aussi peuvent vivre dans ces quartiers. Il faut pouvoir tenir ces deux idées ensemble : les individus sont responsables de leurs actes, et les conditions dans lesquelles ils vivent ont une influence sur les comportements, les possibilités et les trajectoires. Refuser la première idée revient à nier la responsabilité individuelle. Refuser la seconde revient à se priver de toute compréhension sérieuse des problèmes sociaux. Et surtout, comprendre les causes d'une violence ne signifie pas renoncer à la combattre. C'est même souvent indispensable pour espérer la prévenir durablement. → Ce que je voudrais que l'on comprenne. Je ne demande pas qu'on excuse tout. Je demande qu'on arrête de prétendre que les conséquences apparaissent sans causes. Quand des établissements scolaires accumulent les difficultés, quand des élèves décrochent en nombre, quand des familles vivent dans la précarité, quand les habitants ont le sentiment de ne pas être protégés et quand la défiance envers les institutions s'installe, nous avons le devoir de nous interroger sur les responsabilités collectives et politiques. Pas pour désigner un coupable unique. Pas pour prétendre qu'un gouvernement, un parti ou une institution explique à lui seul vingt-cinq ans de difficultés. Mais pour regarder les décisions prises, les services supprimés, les moyens alloués, les politiques qui ont fonctionné et celles qui ont échoué. La responsabilité politique consiste précisément à examiner les conséquences des choix publics, y compris lorsqu'elles apparaissent progressivement et qu'elles ne peuvent pas être attribuées à une seule décision. Et il faut aussi accepter une réalité : les habitants des quartiers populaires ne forment pas un bloc homogène. Certains travaillent, d'autres cherchent un emploi. Certains s'engagent dans des associations, d'autres commettent des délits. Certains font confiance aux institutions, d'autres les ont perdues de vue depuis longtemps. Certains parviennent à sortir de la précarité, d'autres se heurtent à des obstacles considérables. Il y a des trajectoires différentes, des choix différents et des responsabilités différentes. Mais il existe une injustice supplémentaire lorsqu'on demande à ceux qui cumulent déjà les difficultés de prouver sans cesse qu'ils méritent la même attention que les autres. Je sais que certains s'en sortent. Mais il est possible de s'en sortir, parfois au prix d'efforts considérables. Parfois, même avec ces efforts, cela ne suffit pas. Alors oui, je comprends que, parfois, la goutte d'eau fasse déborder le vase. Je comprends qu'une personne qui a grandi dans un environnement où les services publics dysfonctionnent, où l'école ne remplit plus correctement sa mission, où l'insécurité s'installe et où les pouvoirs publics semblent sourds finisse par éprouver de la colère. Je ne dis pas que cette colère justifie tout. Je dis qu'elle mérite d'être comprise si l'on veut éviter qu'elle ne se transforme en quelque chose de pire. Parce qu'à force de ne regarder que les vitrines cassées, les voitures brûlées et les affrontements, on finit par ne plus voir ce qui a rendu la situation possible. Et si l'on ne s'intéresse qu'à la manière dont la colère s'exprime, sans jamais se demander pourquoi elle existe, on pourra toujours envoyer davantage de policiers, multiplier les discours d'autorité et réclamer plus de fermeté. On ne réglera pas pour autant les problèmes qui l'alimentent. Une société ne se juge pas seulement à la manière dont elle sanctionne ceux qui transgressent ses règles. Elle se juge aussi à sa capacité à protéger ceux qui les respectent, à donner des perspectives à ceux qui en manquent et à corriger les injustices qu'elle laisse s'installer. Je ne demande pas qu'on soit d'accord avec moi sur tout. Je demande qu'on puisse au moins discuter de ces réalités sans caricaturer les habitants des quartiers populaires, sans nier les violences qu'ils subissent ou qu'ils commettent, et sans transformer chaque débat en affrontement entre deux camps. Et si les scènes de baston à la télé vous font peur, dites-vous que plus on ne fera rien pour les gens sans perspective, plus elles vont empirer, car ces gens n'ont plus rien à perdre. Il faut comprendre la cause, et pas passer notre temps à faire des constats dramatiques sur les conséquences.
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Bon, on est tous d’accord : la casse, les pillages et les affrontements sont désastreux. Mais est-ce qu’il ne serait pas temps de s’intéresser aux causes ? La colère sociale ne sort pas de nulle part. Précarité, inégalités, services publics fragilisés, sentiment d’abandon… On peut condamner les violences sans faire semblant d’ignorer ce qui les nourrit. Comprendre n’est pas excuser. Mais condamner les conséquences tout en refusant de regarder les causes, c’est se condamner à revivre les mêmes scènes encore et encore. On ne ramène pas durablement la paix sociale à coups de matraque si l’on refuse d’entendre ceux qui n’ont plus le sentiment d’avoir leur place dans cette société.
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Camille biodynamite retweeted
Dans un État de droit, on doit garantir le droit de manifester. Dans un État de droit, on doit protéger les manifestants, pas les réprimer. Dans un État de droit, on doit privilégier la désescalade, pas le recours aux armes. Surtout quand les manifestants sont des enfants.
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Peuple de Twitter. Je suis en grève. Pk ? Parce que la normalisation des violences d'État sur nos enfants m'a donné envie de me terrer dans ma grotte. Mais je partage @Acermendax Ici, pour élever un peu le débat. Je serai en manif samedi. 😘 youtu.be/PHrZCDOksWE?is=7UAU…
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Bref Les témoins de jehovah sont une secte destructrice qui casse les familles et la Cour de Cassation reconnaît aux ex adeptes la capacité a faire entendre leur voix en tant que victime et leur vécu sous emprise comme étant authentique 🙏@carlosbardavioa @Prefet92 @serra_jade
🏛️ El Tribunal Supremo inadmite el incidente de nulidad planteado por la parte los Testigos de Jehová en el asunto de nuestro cliente, D. Enrique Carmona. Se confirma así la firmeza de las resoluciones previas favorables, al no apreciarse vulneración de derechos fundamentales.
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