Paul Krugman, prix Nobel d’économie américain, est de gauche. Favorable à la taxe Zucman, critique du French-bashing fréquent aux États-Unis, il fait régulièrement l’éloge du modèle social européen.
Voici son analyse de la situation française.
« La France se distingue, même parmi les pays en difficulté budgétaire, sur un point essentiel : son incapacité persistante à regarder en face la réalité des retraites. Il n’est pas nécessaire d’être conservateur pour comprendre que les départs précoces à la retraite en France ne sont pas soutenables, surtout quand on sait que l’espérance de vie des Français à 65 ans les conduit en moyenne jusqu’à environ 87 ans, soit deux ans de plus qu’aux États-Unis. Ainsi, les pressions budgétaires engendrées en grande partie par la générosité du système public de retraite français ont entraîné des coupes dans d’autres dépenses, notamment dans l’éducation. La France accorde, de fait, d’importantes subventions aux Français âgés, aux dépens de tous les autres. Deuxième économie de la zone euro, la France est peut-être passée du statut de pays « trop gros pour faire faillite » (too big to fail) à celui de pays « trop gros pour être sauvé » (too big to save). Bref, il est malheureusement trop facile d’imaginer un scénario de crise française particulièrement grave, qui provoquerait de profondes divisions au sein de l’Europe. »
Pourtant, les députés membres de la Commission des finances viennent à une large majorité de rejeter les mesures qui l’auraient réduit, et de valider celles qui ont l’effet contraire.
Ils ont malheureusement sans doute raison de penser que cela rend plus probable leur réélection si l’Assemblée est dissoute au printemps prochain.
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