Le RN a présenté son budget ce matin. Enfin... ses budgets. Parce que Bardella, Le Pen et Tanguy n'avaient visiblement pas révisé la même copie. Ahurissant :
🔹 Immigration : 12 milliards annoncés par Bardella, 15,1 sur le tableau derrière lui. Tanguy : « C'est de ma faute, nous avons travaillé tard et il y a quelques coquilles. »
🔹 Et combien de croissance ? Le Pen : 2,3 points de gain, moins 0,5 d'effet récessif, « soit un bilan positif de 1,8 point ». Tanguy, quelques minutes plus tard : 2,8 brut, moins 0,5, « net 2,3 ». Un demi-point de PIB d'écart.
🔹 Reste à savoir si cette croissance est comptée dans ce plan de 140 milliards d'économies. Le Pen : « le rétablissement des finances publiques que nous calculons ne prend en compte aucun gain de croissance. » Tanguy : « on parie sur 0,3 à 0,5 point de gains de croissance par an ».
🔹 Rationalisation de l'État : 24 milliards. Quelques phrases plus loin : « les 22 milliards ». Même orateur.
🔹 Fonctionnaires : « en dehors des agences, nous ne supprimons pas de postes ». Puis : 85 000 non remplacés dans les agences, 116 000 dans les collectivités, 22 000 à l'hôpital. Total : 223 000 postes publics.
🔹 Déficit sous 3 % : « en 2030 » (Le Pen, en ouverture), puis « en 18 mois » (Le Pen, plus loin). Soit fin 2028. Même promesse, deux échéances.
Le mot de la fin est de Jean-Philippe Tanguy, à qui un journaliste demande d'expliquer l'évolution de son propre chiffrage : « Mes limites de singes savants s'arrêtent là. »
Bref un budget « vérifié mesure après mesure, ligne après ligne », disaient-ils. Ne vous laissez pas avoir.