🔴Le tribunal administratif n’a pas jugé le fond. Il a statué en 48h en référé — il n’examine pas si l’interdiction est légale, il examine uniquement s’il y a urgence à la suspendre immédiatement. Il a estimé qu’il n’y avait pas urgence. Pendant ce temps, la conférence est annulée, les gens sont rentrés chez eux. Résultat obtenu sans jamais avoir rien prouvé sur le fond.
Mais l’argument le plus grave est celui-ci.
Le ministère de l’Intérieur n’a pas interdit cette conférence parce que des propos répréhensibles avaient été tenus. Il l’a interdite parce qu’une personne serait susceptible de pouvoir tenir des propos. Futur hypothétique. Parole qui n’existe pas encore.
On sanctionne une expression avant qu’elle ait lieu.
C’est une violation simultanée et directe de trois droits fondamentaux garantis :
La liberté d’expression — on interdit une parole qui n’a jamais été prononcée.
La liberté de réunion et d’association — les minorités religieuses ont le droit de se réunir, et les pouvoirs publics ont l’obligation positive de ne pas y faire obstacle. L’État n’est pas neutre sur ce point. Il est tenu de protéger l’exercice de ce droit.
La liberté de religion — se réunir pour transmettre un savoir islamique, organiser une conférence, c’est l’exercice direct de ce droit. L’interdire sur la base d’une appartenance supposée, c’est soumettre la pratique religieuse à l’approbation administrative.
Ce n’est pas de l’ordre public. C’est de la censure préventive contre une communauté.
Les pouvoirs publics ont aussi créé une catégorie qui n’existe dans aucun texte de loi. “Frères musulmans” — aucune définition légale, aucun critère opposable, aucune liste officielle. Une catégorie administrative inventée par votre ministère pour y mettre ce que vous voulez et en sortir ce que vous voulez.
Vous avez interdit une réunion pour des propos qui n’ont pas été tenus, par des personnes qui n’avaient commis aucune infraction.
Ce que vous avez fait, c’est discriminer une catégorie de la population française en raison de son appartenance religieuse. Vous avez choisi un groupe spécifique, vous lui avez collé une étiquette sans fondement juridique, et vous lui avez retiré le droit de se réunir — un droit civique universel.
Le Rapporteur spécial des Nations Unies l’a documenté. Les comités onusiens l’ont dit explicitement : cessez les mesures administratives qui ciblent systématiquement les musulmans en France.
Aucune infraction. Aucune condamnation. Des musulmans qui voulaient tenir une conférence.
Depuis des années, des personnalités proches du gouvernement font du tapage autour des “Frères musulmans”. Des Frères musulmans qu’ils voient partout. Dans chaque mosquée, chaque conférence, chaque association.
Sauf que personne ne les a vus. On ne sait pas qui ils sont. Les musulmans eux-mêmes ne savent pas de qui on parle.
“Frères musulmans” est devenu une insulte. Un outil de disqualification . Il suffit de le prononcer pour détruire une réputation, interdire une réunion, dissoudre une association. Et dans “Frères musulmans”, il y a “musulmans” — ça permet de ratisser large. N’importe qui peut rentrer dedans.
Votre propre rapport du 21 mai 2025, présenté en Conseil de défense et de sécurité nationale, reconnaît que cette mouvance en France est groupusculaire et peu structurée. Le chercheur du CNRS Franck Frégosi l’a confirmé : aucun agenda caché, aucun projet de califat.
L’Assemblée nationale a voté en janvier 2026 pour les inscrire comme organisation terroriste — avec le RN. Même les États-Unis n’y sont pas arrivés, faute de preuves suffisantes.
Vous utilisez une catégorie contredite par vos propres services pour interdire à des musulmans de se réunir sur le sol français.
Ce n’est pas de la sécurité. C’est de la discrimination institutionnelle assumée
L’arrêté d’interdiction de ce rassemblement a été confirmé par la justice. Les propos susceptibles d’y être tenus sont de nature à porter atteinte aux principes et aux valeurs de la République ainsi qu'à la cohésion nationale et à la dignité humaine. Le rassemblement ne peut donc pas se tenir et j’invite chacun à respecter cette interdiction.