Depuis hier, des amis du monde entier m’écrivent pour me demander si je suis en sécurité, si la France est « perdue », et me disent que « chez eux ça n’arriverait jamais ».
Je comprends leur inquiétude. Les images sont dures : mairies incendiées, magasins pillés, affrontements, plus de 1 200 interpellations. C’est grave.
Mais ce qui s’est passé samedi n’est pas tombé du ciel. Ce n’est pas « arrivé hier ». C’est le bilan de cinquante ans de décisions politiques, prises par la gauche, l’extrême gauche et la droite, qui se sont succédé au pouvoir.
Pendant des décennies, on a laissé s’installer une culture du laxisme face à la délinquance, au trafic, aux violences, aux atteintes aux biens et aux personnes. On a préféré les discours, les excuses sociologiques et les renoncements à l’autorité, plutôt que d’appliquer la loi de façon ferme et constante.
Résultat : une partie de la population a intégré qu’on pouvait casser, voler et brûler sans conséquences réelles.
L’école s’est dégradée. Les services publics se sont effrités. L’intégration a échoué dans sa quasi totalité, sous les yeux de tous les gouvernements. La gauche et l’extrême gauche ont nié ou minimisé les problèmes de sécurité et de cohésion pendant des années.
La droite, une fois au pouvoir, a souvent parlé fort et agi peu, par peur de l’impopularité ou par calcul électoral.
Personne n’a vraiment voulu assumer le coût politique de restaurer l’ordre et de cesser les renoncements.
Alors oui, la colère sur le pouvoir d’achat et les conditions de vie est réelle. Mais les casseurs, les pillards et les incendiaires ne sont pas le produit d’un hasard du week-end. Ils sont le produit d’un système qui a toléré, année après année, que la règle ne s’applique plus de la même façon partout.
Ce n’est pas la faute exclusive d’un camp. C’est la responsabilité partagée de ceux qui ont gouverné la France depuis les années 1970. Et tant qu’on continuera à préférer les postures et les dénis aux décisions difficiles, on aura d’autres samedis comme celui-ci.
La France n’est pas « perdue ». Elle paie simplement, en direct, l’addition d’un demi-siècle de lâchetés politiques.
Voici les visages du renoncement.