Quand les haineux n’ont plus d’arguments, ils s’en prennent aux personnes. Ils censurent, harcèlent, menacent, intimident. Depuis des mois, Barbara Butch est la cible d’une campagne d’une violence inouïe. Et trop nombreux sont ceux qui, par calcul, par lâcheté ou par complaisance, refusent encore de condamner ces méthodes. Le silence face au harcèlement n’est jamais une neutralité : il devient une complaisance.
J’avais dénoncé cette mécanique dans une précédente publication en représentant
#BarbaraButch mixant coiffée d’un bonnet phrygien. Pour moi, cette image était une métaphore évidente : celle d’une artiste libre incarnant notre devise républicaine, Liberté, Égalité, Fraternité.
Cette publication a déclenché des centaines de commentaires et de messages privés d’une rare violence, saturés de haine, d’insultes et, pour certains, de relents nauséabonds. Je les ai lus. Je les ai subis. Et je ne retire pas un mot de ce que j’ai écrit.
Car dans un État de droit, aucune divergence d’opinion, aucune cause, aucune indignation, aussi sincère soit-elle, ne justifie le harcèlement, les menaces ou les intimidations contre une artiste dont le seul tort est d’exercer son art. Défendre ce droit n’est pas partager toutes ses idées ; c’est défendre un principe fondamental de notre démocratie.
Parce que les semeurs de haine n’ont pas aimé cette image, je la revendique aujourd’hui plus encore. Lorsqu’une création dérange les ennemis de la liberté, c’est souvent qu’elle touche juste. Je refuse de laisser les intimidations dicter ce qui peut être montré, pensé ou créé. Céder à ces pressions, ce serait leur donner raison. Dans une démocratie, on répond à une image par une autre image, à une idée par une autre idée, jamais par les menaces ni par la censure.
C’est pourquoi je ne résiste pas au plaisir de partager aujourd’hui de nouveaux visuels, dans le même esprit. Non pour provoquer, mais pour rappeler une évidence : la République appartient à toutes et à tous. Elle ne se laisse pas confisquer par les marchands de haine. La création est libre. La République aussi.
Oui, je le redis : Barbara Butch incarne, à mes yeux, une certaine idée de la
#République française. Celle qui protège la création, refuse de céder aux censeurs et ne laisse jamais les extrémistes imposer leur vision de la société.
Et si Barbara Butch inspirait un jour notre
#Marianne dans les mairies? Après tout, Marianne est l’allégorie d’une République qui se réinvente sans jamais renoncer à ses principes. Faire de Barbara Butch une Marianne contemporaine ne serait pas une provocation. Ce serait affirmer qu’en France, on ne juge pas une artiste à l’aune des campagnes de haine qu’elle subit, mais de la liberté qu’elle incarne.
Et pourquoi pas un timbre de La Poste ? Les timbres racontent notre histoire, nos grandes figures et les valeurs que la Nation choisit d’honorer. Quel plus beau symbole que de rendre hommage à une artiste que certains ont voulu réduire au silence ? Ce serait rappeler, chaque fois qu’une lettre circule, qu’aucune intimidation ne fera reculer la liberté.
La République n’a jamais reculé devant les censeurs. Elle ne devrait pas commencer aujourd’hui.
Ce serait, à mes yeux, infiniment plus fidèle à l’esprit de la République que de laisser quelques « timbrés » de la haine décider de celles et ceux qui auraient le droit d’incarner la France. Car au fond, ce qui les dérange n’est pas Barbara Butch. Ce qui les dérange, c’est une République libre, universelle, ouverte à toutes et à tous, qui refuse de plier devant la haine.