"La boucler." C'est le mot que Rachida Dati aurait employé face à sa conseillère, selon Le Canard enchaîné, pour étouffer les signalements d'attouchements dans le périscolaire de l'école Saint-Dominique, à Paris.
Rachida Dati est maire du 7e arrondissement de Paris. C'est son secteur, son école, sous sa responsabilité. Deux anciens animateurs y ont été mis en examen en mai pour viols et agressions sexuelles. Une enquête préliminaire a été ouverte depuis.
Un rapport confidentiel de l'inspection de l'Éducation nationale, révélé par le même journal, décrit une équipe enseignante et une administration qui accordaient à ces animateurs "une confiance un peu trop aveuglée". Autrement dit, les adultes censés protéger ces enfants ont laissé faire, par confiance mal placée. Et quand l'affaire est sortie, la priorité de l'élue n'aurait pas été les enfants concernés, mais la réputation. La sienne, et celle de l'agent visé.
C'est ça, le vrai mécanisme. Une institution qui protège d'abord son image, avant de protéger les enfants qu'elle a en charge. Ce n'est pas un dérapage isolé, c'est un réflexe. Le réflexe du pouvoir face à un scandale : faire taire plutôt qu'agir.
Deux animateurs mis en examen. Une enquête ouverte. Une inspection qui parle d'aveuglement. Et au sommet, une élue qui, si les révélations du Canard enchaîné se confirment, aurait choisi le silence plutôt que la vérité.
Si Rachida Dati a vraiment demandé à sa conseillère de la boucler sur ces attouchements, vous appelez ça comment, vous : protéger des enfants, ou protéger une carrière ?