Présidentielle 2027 : état des lieux à 203 jours du premier tour !
Le 18 avril 2027, les Français voteront. Emmanuel Macron, empêché par la Constitution de briguer un troisième mandat consécutif, sortira du jeu. Sébastien Lecornu, à Matignon depuis septembre 2025, gère la fin de cycle. Derrière le protocole, la campagne est déjà ouverte. Et déjà judiciaire.
DOSSIER 1 : La favorite sous contrainte.
Marine Le Pen domine tous les scénarios testés : 30 à 35 % des intentions de vote au premier tour. Les instituts lui donnent entre 95 et 97 % de chances d’accéder au second.
Le 7 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a confirmé sa culpabilité dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Peine : trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis, 100 000 euros d’amende. L’inéligibilité, commencée en première instance le 31 mars 2025, est considérée comme purgée. Elle peut donc être candidate.
Elle l’a annoncé le soir même, au 20 heures de TF1. Un pourvoi en cassation a été formé. La Cour a indiqué qu’une décision pouvait intervenir d’ici avril 2027. Jusque-là, Jordan Bardella, président du RN, reste le plan de repli. Il s’est rallié. Il n’est plus testé dans les sondages.
DOSSIER 2 : La guerre du palier.
Derrière Le Pen, le « bloc central » n’a pas de candidat unique.
Édouard Philippe (Horizons), maire du Havre, ancien Premier ministre : 16 à 19 %.
Gabriel Attal (Renaissance), ancien Premier ministre : 8 à 14 %, selon que Philippe est en lice ou non.
Les deux hommes se sapent. Dans Le Crépuscule des princes, publié le 23 septembre, Philippe qualifie Attal de « très, très immature » et demande : « Il a gagné quelles campagnes ? Trois législatives dans les Hauts-de-Seine. » Attal réclame une primaire. Philippe refuse. Le RN a collé à Philippe le surnom d’« Édouard le flemmard », après une vidéo tronquée sur le calendrier présidentiel. Attal a enfoncé le clou.
Conséquence mesurée par les sondeurs : tant qu’ils restent tous les deux, la deuxième place bascule vers Jean-Luc Mélenchon dans une partie des hypothèses.
DOSSIER 3 : La gauche en pièces.
Mélenchon a annoncé sa quatrième candidature le 3 mai 2026. Il est crédité de 16 à 20 %. Il arrive en tête chez les moins de 25 ans.
L’instruction sur ses assistants européens a été close en mai 2026, sans mise en examen. En parallèle, le dossier des comptes de campagne 2017, société Mediascop, mise en examen de Sophia Chikirou, n’est pas éteint.
Face à lui, la gauche social-démocrate organise une primaire les 9-10 puis 16-17 octobre : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj, Philippe Brun, Emmanuel Maurel. François Hollande refuse d’y participer. Plusieurs responsables décrivent sa stratégie : attendre que Glucksmann décroche, puis surgir. Marine Tondelier et Fabien Roussel, déclaré le 6 septembre, courent hors de ce cadre.
DOSSIER 4 : Les outsiders et le plafond de verre.
Bruno Retailleau, désigné par les adhérents LR en avril (73,8 %), plafonne entre 7 et 10 %.
Éric Zemmour a officialisé le 17 septembre. Nicolas Dupont-Aignan le 19. Tous deux sous les 5 %.
David Lisnard, Dominique de Villepin : testés, sans dynamique.
CE QUE DISENT LES DUELS.
Dans les seconds tours publiés depuis mai :
Le Pen bat Philippe, souvent 52-55 contre 45-48.
Le Pen bat Attal plus largement.
Le Pen écrase Mélenchon : autour de 63 à 70 %.
Le centre le sait. Il n’a toujours pas tranché entre union et suicide à deux.
CE QUI RESTE SUSPENDU.
La cassation Le Pen.
Le vainqueur de la primaire de gauche.
Un éventuel retrait d’Attal ou de Philippe.
Le dernier budget Lecornu.
Les 500 parrainages.
Six mois. Une favorite condamnée. Deux héritiers de Macron qui se déchirent. Une gauche éclatée. Un second tour qui, si rien ne change, se jouera dans les extrêmes.
Les dossiers sont ouverts. Les pièces manquantes arriveront avant avril.