Depuis bientôt dix ans, LFI aura été accusée d’à peu près tout.
Pro-russe. Pro-Assad. Anti-européenne. Antipolice. Antisémite. Communautariste. Islamogauchiste. Cliente des “Frères musulmans”. Soutien du Hamas. Apologiste du terrorisme. Responsable du désordre à l’Assemblée. Responsable des manifestations. Responsable des violences. Et maintenant Jean-Luc Mélenchon serait responsable de la “fracture” du pays parce qu’il soutient des lycéens qui réclament davantage de moyens.
Certaines polémiques reposent sur de vrais propos, parfaitement critiquables. Certaines affaires judiciaires sont encore en cours. Mais ce qui est fascinant, c’est la facilité avec laquelle une accusation devient ensuite un “fait” dans le débat public.
Petit rappel de quelques résultats beaucoup moins médiatisés.
L’enquête sur les assistants parlementaires européens de LFI s’est terminée en 2026 sans aucune mise en examen.
La procédure visant Mathilde Panot pour “apologie du terrorisme” a été classée sans suite.
Treize procédures visant Rima Hassan ont été classées sans suite.
Les soupçons de stupéfiants annoncés publiquement après sa garde à vue se sont révélés négatifs.
L’enquête initiale visant Éric Coquerel a été classée pour infraction insuffisamment caractérisée.
Et surtout, au milieu d’une commission d’enquête consacrée aux supposés liens entre politique et islamisme, les services de renseignement ont eux-mêmes déclaré n’avoir identifié aucun lien documenté entre partis ou élus et groupes terroristes ou islamisme radical. Ils ont constaté des convergences et des présences communes dans certaines manifestations. Ce n’est pas la même chose qu’une collusion avec une organisation terroriste.
Cela n’interdit évidemment pas de critiquer LFI.
Mais entre “Mélenchon a tenu cette phrase”, “un élu LFI a commis cet acte”, “une plainte a été déposée”, “une enquête a été ouverte” et “LFI est coupable de…”, il existe quelques étapes que le débat médiatique semble parfois franchir en courant.
Aujourd’hui le mot d’ordre est donc : Mélenchon “fracture le pays”.
Hier il soutenait le Hamas.
Avant-hier il était l’allié des islamistes.
Demain on trouvera autre chose.
En attendant, pour les lycéens, les classes surchargées, les professeurs manquants et les établissements délabrés sont, eux, parfaitement réels.
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Colère lycénne: Aurore Bergé accuse Jean-Luc Mélenchon de "fracturer" le pays
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