Ce qui se passe sur ce réseau est alarmant. En moins de 72 heures, des comptes spécialisés dans le harcèlement et le doxxing sur X, opérant depuis Israël, ont propagé plusieurs fausses informations qui ont conduit à du harcèlement massif envers leurs victimes.
La première visait des enfants de trois ans, accusés à tort d’être déguisés en combattants du Hamas lors d’un spectacle scolaire, et même s’il s’agissait d’une fake news, les enfants, leurs familles et leurs enseignants ont été la cible d’une vague de harcèlement à la suite de cette campagne de désinformation.
Le lendemain, un directeur de théâtre a à son tour été visé par un déluge d’insultes et de menaces de mort, tout comme son épouse. Une mécanique désormais bien connue de certains groupes de harcèlement organisés, qui n’hésitent pas à s’en prendre aux proches de leurs cibles telle une mafia. Le seul « tort » de ce directeur : avoir tenu un discours critique à l’égard de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu, qui je le rappelle est visé par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité.
l’Alliance Israélite Universelle a confirmé que les élèves qui s’étaient déclarés heurtés par ces critiques n’avaient subi aucune agression. Les faits sont donc établis. Mais le mal, lui, est déjà fait. Et pourtant il y’a une question essentielle à se poser : comment de jeunes élèves peuvent-ils prétendre que des dirigeants comme Trump et Netanyahu correspondent à leurs valeurs ?
Et comme trop souvent, des soutiens inconditionnels du gouvernement israélien en France ont relayé ces accusations sans la moindre vérification, contribuant ainsi à exposer à la vindicte publique des enfants de trois ans, leurs familles, leurs enseignants, ainsi qu’un directeur de théâtre et sa femme, dont le seul tort est d’avoir exprimé une opinion politique contre des criminels de guerre.
Cette mécanique de désinformation, de harcèlement numérique et de mise au pilori publique ne peut plus être tolérée. Lorsqu’un réseau social devient le terrain d’opérations de campagnes coordonnées de diffamation, de doxxing et d’intimidation, sa responsabilité est nécessairement engagée. Si X refuse de faire respecter ses propres règles et de lutter efficacement contre ces pratiques, la question de sa responsabilité juridique dans la propagation et l’amplification de tels agissements ne pourra être indéfiniment éludée.
@XFrance