On peut ne pas aimer Netanyahou. On peut le trouver trop long, trop théâtral, trop politique. Mais ce qu’il a fait ce soir à l’ONU, ça s’appelle du cran.
Il est monté à la tribune alors qu’une partie de la salle se levait pour partir. Pas pour débattre. Pour ne pas écouter. Il les a regardés partir et a dit ce que beaucoup pensent tout bas : si la vérité vous dérange à ce point, sortez. Ce n’est pas de la diplomatie. C’est du caractère.
Pendant trois ans, une partie de cette Assemblée a parlé de Gaza comme si le 7 octobre 2023 n’avait jamais existé. Comme si 1 200 civils n’avaient pas été massacrés. Comme si des otages n’avaient pas été emmenés. Comme si le Hamas n’avait pas filmé ses propres crimes. Netanyahou a rappelé l’essentiel : on ne peut pas juger une guerre en oubliant comment elle a commencé.
Il a aussi remis les pendules à l’heure avec la France et le Royaume-Uni. Entendre Paris et Londres accuser le « colonialisme » d’Israéliens qui habitent la terre de leurs ancêtres, alors que ces deux pays ont longtemps tenu des empires sur plusieurs continents, c’est une leçon d’histoire qu’ils n’avaient pas envie d’entendre. Il la leur a servie quand même.
Même chose pour ceux qui viennent donner des leçons de démocratie depuis Damas ou Ankara. Un dirigeant syrien et Erdogan n’ont pas le crédit moral pour faire la morale à Israël sur la liberté, le droit ou la souveraineté. Les rappeler à ce qu’ils sont, ce n’est pas de la provocation. C’est de la cohérence.
On peut détester Bibi. On peut contester sa stratégie, sa durée au pouvoir, sa manière. Mais face à une salle qui refuse de regarder le 7 octobre en face, il n’a pas baissé la voix. Il a parlé. Ça, au moins, ça s’appelle des cojones.