7 octobre. N'oublions jamais.
Je me souviens de cette vidéo. Une femme, dénudée, le corps sans vie, exhibée comme un trophée devant des caméras qui filmaient et des hommes qui riaient. Je me souviens de ces images tournées par les bourreaux eux-mêmes, de ces cris, de ces pleurs, de ce silence des corps retrouvés au petit matin dans le désert, près du festival Nova.
Ce jour-là, des femmes ont été violées, mutilées, exhibées — parce qu'elles étaient femmes, et parce qu'elles étaient juives. Le viol a été une arme. Pas un dommage collatéral : une arme, utilisée consciemment pour humilier, détruire, terroriser.
Et pourtant, trois ans après, une partie du mouvement féministe reste muette sur ces femmes-là. Pire : certaines, brandissant le drapeau palestinien, retournent leur indignation contre Israël, contre les Juifs de France, jusqu'à relativiser ou nier ce qui s'est passé ce jour-là. Je suis féministe. Je me bats chaque jour pour les femmes violées, pour qu'on les croie, pour qu'on les protège.
Alors je le dis sans détour : une féministe qui ferme les yeux sur des femmes violées parce que ces femmes sont juives et israéliennes ne défend plus les femmes. Elle se trompe de combat, ou pire, elle le trahit.