[« MAGMA CARCÉRAL ET BOUÉE LIVRESQUE » Kemi Seba].
Plongé avec mon fils dans cet inhumain magma carcéral, les lectures intensives d’ouvrages politiques, historiques et philosophiques font office pour nous de pare-balles mental.
Les écrits que je lis (ou relis), et dont les plus accessibles sont à mon fils chaque semaine transmis, portent sur des sujets aussi variés que la philosophie et les opinions de Marcus Mosiah Garvey, les allégories de W. D. Fard, l’épopée du black power général Khallid Muhammad, « Un long chemin vers la liberté », de Nelson Mandela, « Kaïdara », d’Amadou Hampâté Bâ, ou encore « Le Consciencisme », de Kwame Nkrumah.
Dans une perspective plus globale, je me régale avec les œuvres géniales du Dr Sujan Dass et son fameux « Quand le monde était noir », « Cent mille ans de présence africaine en Asie », de mon défunt ainé le professeur Runoko Rashidi, et « Ils y étaient avant Christophe Colomb », d’Ivan Van Sertima.
Sur un terrain plus économique, mes yeux sont plongés dans les ouvrages portant sur le marxisme panafricaniste de Tom Mboya, et le socialisme endogène africain de Julius Nyerere. Tous collectivement font pour moi office de bouée, au moment où les démons cherchent vainement à nous noyer.
En dehors même de mon terrain de prédilection que constituent les écrits et pensées de nos précieux aînés, l’étude attentive d’essais de théoriciens du camp occidental me conforte dans mes convictions et ma mission de vie. « Phénoménologie de l’esprit », d’Hegel, et la dialectique telle qu’il la conceptualise, « Être et Temps », d’Heidegger, et son fameux « dasein », « L’avenir dure longtemps », de Louis Althusser, « Ainsi parlait Zarathoustra », de Nietzsche, et l’avènement du surhomme qu’il annonce, « Surveiller et punir », de Michel Foucault, « Vers la libération », d’Herbert Marcuse, les « Cahiers de prison » d’Antonio Gramsci, tout ce que je lis (ou relis) passe au scanner de mon cerveau, et muscle plus que jamais mon esprit, tout comme les pompes et abdos, que j’ai repris ici récemment intensément, raffermissent mon corps et rythment désormais ma vie.
Le savoir libre (loin de tout formatage académique, ou issu d’autres structures dominantes) libère. Il élève l’âme, et nous sert de mentale arme, au milieu de ce pénitentiaire enfer.
Plus je lis, plus chaque seconde qui passe, mon mépris pour la bourgeoisie néocoloniale africaine en général (et béninoise en particulier) déborde de tous mes pores, et j’implore le Tout-Puissant afin qu’Il me permette de mener ma mission à bon port, celle-ci visant à démanteler cette mafia d’ando-colons, qui dilapide les écus de nos nations comme si cet argent appartenait à leur seule maison.
Politiquement parlant, pour ces dictateurs, je ne rêve que de destitution. Quand dans la presse, je vois le visage des Wadagni-Talon, je ne vois que l’illustration de la néocoloniale prédation, et de leur tragique compromission avec l’Occident.
Et dans le même temps, j’ai la foi absolue que le Tout-Puissant désactivera cette clique de tyrans décadents, qui ralentit profondément notre continent. Ce n’est qu’une question de temps.
Ps: texte rédigé par Kemi Seba et ensuite transmis aux avocats puis à l’équipe d’Urgences Panafricanistes pour diffusion.
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*Bibliographie.
« Philosophie et opinions » (M.Garvey),
« Ujamaa:Essays on Socialism » (J.Nyerere).
« The Problem Book » (W.D Fard),
« The Book of Khallid » (Malik Zulu Shabazz),
« Un long chemin vers la liberté » (Nelson Mandela),
« Kaïdara » (Amadou Hampâté Bâ),
« Le Consciencisme » (Kwame Nkrumah), « When the World Was Black » (Supreme Understanding),
« Cent mille ans de présence africaine en Asie » (Runoko Rashidi),
« Ils y étaient avant Christophe Colomb » (Ivan Van Sertima).
« Freedom and After » (Tom Mboya).« Phénoménologie de l’esprit » (Hegel), « Être et Temps » (Heidegger),
« Ainsi parlait Zarathoustra » (Nietzsche),
« Surveiller et punir » (Michel Foucault) , « Cahiers de prison » (A.Gramsci).