Pierre Falardeau tentait d’expliquer, par la satire, le mental colonisé d’une certaine partie de la population québécoise.
« Le Canada, c’est le plus beau pays du monde. C’est le plus riche, le plus libre. Ben si sont pas contents, qu’ils aillent donc vivent à Cuba. De toute façon, moé, j’veux pas perdre mes montagnes Rocheuses. Pis des pauvres, y’en aura toujours. »
Le colonisé fédéraliste parfait défend ses chaînes comme si c’étaient des bijoux de famille. Il a intériorisé le discours du maître (beauté, richesse, liberté) sans jamais le questionner, il mélange son identité (« Canadien québécois français américain du Nord »), et il refuse l’indépendance par peur de perdre des montagnes qu’il n’a jamais vues et un confort qu’il prend pour de la liberté.
Falardeau montrait le miroir grossissant : le Québécois qui aime sa subordination, qui méprise ceux qui remettent l’ordre en question, et qui croit être libre parce qu’il peut choisir entre deux sortes de ketchup au Canadian Tire