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La réaction de la Conférence des Évêques aux événements du 17 octobre est très faible intellectuellement et moralement.
Au lieu de s'appuyer sur la récente visite du pape Léon XIV et de sa prière, à Lourdes, pour que la sagesse vienne aux dirigeants français, on part d'une pseudo-sidération devant la casse. Suivie d'un appel à tout le monde à redevenir bien gentil.
Qu'on aimerait entendre la voix d'un Léon Bloy, d'un Charles Péguy, d'un Georges Bernanos, pour rappeler aux têtes mitrées qu'elles ne sont pas là pour rassurer les bien-pensants mais pour annoncer l'Evangile et rappeler les exigences du bien commun.
Comment? Les Évêques font un communiqué sur des événements où la jeunesse crie sa soif de sens, son besoin d'espérer. Et ils ne la mentionne pas une fois?
Léon XIV a dit aux jeunes rassemblés à Saint Denis: "Vous êtes les saints de France". Et les Évêques n'ont pas un mot pour déplorer les violences du pouvoir contre les jeunes lycéens? Pas un mot pour parler de l'Ecole et de ce qu'on doit à tous les jeunes, sans discrimination sociale?
Pas un mot pour souligner le caractère prophétique de la visite du Pape à Saint Denis, sur un territoire où se joue de manière décisive , contre tous les obstacles dressés par Paris et la classe politique, l'intégration des jeunes à la nation?
Pas un mot non plus pour parler de la France qui souffre, dans les campagnes comme dans les villes?
Pas un rappel du devoir des politiques de lutter contre la pauvreté?
Pas une parole pour se demander comment le gouvernement peut financer les guerres d'autres pays alors que la société francaise voit ses infrastructures publiques se détériorer?
Excellences, le Pape vous a dressé une feuille de route. Au risque de vous manquer de respect, vous somnoliez apparemment ce jour-là. Pourtant les paroles du Pape étaient claires: "Le message de paix qui prend sa source en Jésus est d'autant plus attendu que l'on constate, en France comme ailleurs en Occident, une inquiétante polarisation, un recul de la fraternité, de la cordialité et de la vie en société, ainsi qu'une recrudescence des violences, des inégalités et des pauvretés."
Excellences, la visite du Pape a été une manifestation d'harmonie, de cohésion, d'espérance, que n'ont pas supporté les démons qui agitent la société française. A peine le Pape parti, la tentation de la discorde et de la division ont repris le dessus.
Je pense que vous ne vous rendez pas compte de ce que la France est entraînée, actuellement, lentement mais sûrement vers la guerre civile.
Vous pouvez être, avec tous les chrétiens et les hommes et femmes de bonne volonté, des artisans de paix pour notre pays. Mais que votre communiqué est insipide!
Permettez-moi, respectueusement, de vous rappeler les mots exigeants de l'Evangile":
"Vous êtes le sel de la terre" dit Jésus à ses disciples "mais si le sel vient à s'affadir, comment lui rendre sa saveur?" (Matthieu V,13)