🇺🇸 À 20h ce soir, la Fed va probablement remonter ses taux pour la première fois depuis 2023. Les marchés y croient désormais à près de 90 %, et le président américain, qui réclame l'inverse depuis des mois, va devoir avaler la pillule.
Il y a un mois, tout le monde pariait encore sur le statu quo. La probabilité d'une hausse n'était que de 62 % fin août. Puis l'inflation sous-jacente est ressortie à 0,3 % en août quand on attendait 0,2 %, le PCE a grimpé à 3,7 %, et le pétrole a franchi les 100 dollars. Et le marché de l'emploi très solide conforte la position d'une hausse. En trois semaines, le marché a retourné sa veste.
Une banque centrale ne peut pas baisser ses taux quand l'inflation accélère sans y laisser sa crédibilité. Kevin Warsh, le patron de la Fed nommé par Trump, défend pourtant l'idée que l'IA finira par faire refluer les prix. Pour l'instant, les chiffres racontent l'histoire inverse, et il l'a admis lui-même à Jackson Hole : tant que l'inflation sous-jacente ne se rapproche pas nettement de la cible, il reste du travail.
Le vrai enjeu de la soirée n'est même pas le quart de point, déjà quasiment digéré par le marché. C'est le « dot plot », ce nuage de points où chaque membre place sa prévision de taux. S'il pointe deux hausses d'ici décembre au lieu d'une, la trajectoire change de nature.
Maintenant, comment réagit le marché généralement à ça ? Statistiquement, selon les données de Goldman Sachs, le marché perd environ 4 % dans les semaines qui suivent avant de récupérer environ un trimestre plus tard le breakeven. Est-ce que c'est ce que nous allons voir ? Encore une fois le passé ne prédit pas le futur, mais une chose est sûre, tenter de long cette réunion de la FED est pour le moins "à contre-courant".
Ce qu'il faudra observer, c'est combien de temps Trump va mettre avant de commencer à perdre patience au fil des réunions de la FED...