Ce soir à Lourdes, nous voyons quelque chose que nous ne devons pas oublier.
Le pape Léon XIV a fait la procession aux flambeaux. Pas depuis une tribune. Pas en bénissant de loin. Il a marché. Derrière la statue de la Vierge, un cierge à la main, au milieu de tout le monde.
Ça n’avait jamais été fait comme ça. Jean-Paul II et Benoît XVI avaient participé, mais ils n’avaient pas parcouru le chemin avec les pèlerins. Lui a insisté pour le faire vraiment.
Le rite est simple et il est très ancien. Chaque soir à 21 heures, d’avril à novembre, les gens se rassemblent à la Grotte. On allume son flambeau. On suit la statue de Notre-Dame. On récite le Rosaire, mystère après mystère. On chante l’Ave Maria de Lourdes, chacun dans sa langue. Le cortège quitte la Grotte, longe le Gave, remonte vers l’esplanade et s’arrête devant la basilique. À la fin on se donne la paix.
C’est ça, la procession. Une foule qui avance dans le noir avec une petite lumière, parce que Marie a demandé qu’on vienne ici en procession.
Ce soir il y avait le pape dedans. Pas au-dessus. Dedans. Avec les malades au premier rang, les familles, les gens qui ne disent rien et qui tiennent juste leur bougie.
Je ne sais pas comment dire ça autrement : c’est bouleversant. Voir l’évêque de Rome marcher comme n’importe quel pèlerin, dans cette rivière de flammes, en silence parfois, en chantant parfois.
Lourdes a toujours été ça. Pas le décor. Les gens qui avancent ensemble la nuit. Ce soir le pape a choisi d’être l’un d’eux.