Nous combattons la pollution des fils d'actualité. Pour dénoncer un AI-sloppeur, identifiez-le sous nos posts, ou envoyez-nous un DM. Nous enquêterons.

Paris, France
Balance ton Claude retweeted
🔴 INFO @20Minutes «  Le déni dont font preuve les derniers soutiens du livre d’Orélien est regrettable. Ce n’est pas grave de s’être fait avoir à la lecture du roman, mais nier les preuves est discréditant », estime « Balance ton Claude » INTERVIEW 👉🏻 20minutes.fr/arts-stars/cult…
10
14
99
18,421
MrPhi, en plus d'être un excellent pédagogue en matière d'IA dont nous avons bcp appris ces dernières années, apporte de nouveaux éléments à charge dans l'affaire Orélien. Un compte très sérieux à suivre sans hésitation ⬇️
Et il y a bien d'autres plagiats quand on creuse, c'est pas un comportement isolé. Je trouve celui-ci frappant parce que le texte porte sur la littérature haïtienne précisément. (Claude m'a fait le relevé.) Source : web.archive.org/web/20130130… source plagiée : britannica.com/art/Caribbean…
26
69
631
70,550
L'article substack de Nicolas Casaux est également très fourni sur le sujet, et nous ne pouvons qu'inciter les lecteurs à se faire une opinion par eux-mêmes à partir de ce faisceau d'indices qui va s'épaississant d'heure en heure.
Replying to @MonsieurPhi
Ouais j'en ai relevé une quinzaine. Presque tous ses articles de 2012-2013 que j'ai testés se sont avérés des plagiats : danslemaelstrom.substack.com…
4
7
74
23,301
Fabien Mikol a été d'une honnêteté intellectuelle à toute épreuve depuis le début, et a fait une excellente veille du traitement médiatique, pour ceux qui voudraient aller voir. (L'article ci-dessous est d'ailleurs excellent.)
Le Nouvel Obs a interviewé @benoitraphael sur l'affaire Thélyson Orélien. "Je pense qu’il faut prendre Pangram au sérieux". "Tout ce qui est postérieur à 2023 ressort à 100 % IA ; tout ce qui est antérieur à 2023 ressort à 100 % humain". + test sur d'autres auteurs haïtiens.
9
11
161
30,148
Article intéressant. Ceux qui publient sans le dire des copié-collé IA sont doublement égoïstes : ils nuisent à leurs lecteurs (car ils leur mentent) mais aussi aux auteurs qui font l'effort d'écrire (car le soupçon qu'ils contribuent à créer se reporte aussi sur les écrivains humains, qui perdront donc peu à peu leurs lecteurs). Les sloppeurs IA bénéficient de la présomption d'humanité (qui pousse les gens à lire), mais érodent cette présomption d'humanité. Nous continuerons à combattre les sloppeurs qui mentent à leur public.
15
18
165
33,755
Balance ton Claude retweeted
Replying to @BetterCallMedhi
C'est un peu long comme post, tu aurais pu écrire « je suis un gros mytho et je me suis déjà fait flagger par Pangram, j'ai grave le seum » et ça transmettait suffisamment bien l'idée
1
2
115
9,367
Balance ton Claude retweeted
Replying to @Pangramed
Oui mais c'est FRANÇAIS
Made with AI
1
13
1,506
Chers lecteurs. Nous appelons à y aller mollo sur les attaques contre Thélyson Orélien. D'abord, il existe une chance non nulle (même si elle est infime) qu'il soit de bonne foi. Ensuite, Orélien a sans doute joué dans une zone d'ombre morale, exploité une période de flou au cours de laquelle nos institutions et nos mœurs (ainsi que nos prix littéraires) ne sont pas encore adaptées à cette technologie nouvelle et transformatrice. Mais il ne pensait sans doute pas que le succès de son livre prendrait une ampleur nationale ; et s'il nous a paru important de signaler l'arnaque, il nous parait important d'avoir aussi de la compassion et de l'empathie pour lui, voire le soutenir dans cette période difficile qu'il doit vivre. Le mieux serait bien sûr qu'il se remette à écrire ! Les leçons de cette affaire dépassent son cas personnel, et c'est sur cela que nous devons nous concentrer. Nous avons signalé ce bouquin parce qu'il a du succès, mais c'est loin d'être le seul. Sur ce réseau, des centaines d'hommes politiques et de comptes de slop font rédiger leur posts par IA, sans dire qu'il s'agit d'IA, trompant sciemment leurs lecteurs à longueur d'année. Et cela fait longtemps que les top des ventes de livres sur Amazon (premier distributeur de livres en France) sont trustés par des bouquins rédigés directement par IA, parfois très grossièrement, et avec un moins bon résultat que celui de Thélyson (qui a donc une forme de mérite à avoir réussi à produire une narration cohérente ayant donné satisfaction à beaucoup de lecteurs). L'intelligentsia parisienne sous-estime encore sans doute les capacités des IA, et n'utilise pas ou peu les LLM (et ne traîne pas sur Linkedin), c'est pour ça qu'elle n'a pas reconnu les formules stéréotypées. Formules qui, si nous n'étions pas lassés de les voir sans cesse, nous plairaient sans doute : les modèles de langage les ont apprises parce qu'elles plaisaient aux humains qui ont supervisé leurs entrainements par RLHF ! Dans les commentaires, certains témoignent ne pas voir l'intérêt de l'authenticité ; peut être que ce qu'il faut retenir de cette polémique, c'est que d'après l'ampleur du scandale, la majorité accorde beaucoup d'importance à l'authenticité. Si vous considérez que vous apportez de la valeur en faisant écrire vos ouvrages par IA, faites-le ! Mais au moins, mentionnez-le, pour ne pas trahir vos lecteurs, car le mensonge, lui, est moralement condamnable.
226
197
1,515
346,837
Excellent résumé de la situation de la part de C à Vous. On ne peut pas vraiment en dire autant des gens de France Culture, qui ne semblent pas réellement prendre mesure de la situation, puisqu'ils tentent une curieuse diversion en opposant aux résultats que nous avons obtenus par Pangram.... ceux de détecteurs bien moins fiables. Jusqu'à preuve du contraire, il n'y a par exemple aucune étude scientifique indépendante ayant permis d'établir la fiabilité de l' « outil de vérification cocréé par l'Agence France Presse ».
Couverture honnête de C à Vous concernant l'affaire "C'était ça ou mourir". Ils précisent bien que les écrits sont détectés comme de l'IA à partir de 2023 et pas avant, ruinant l'argument "c'est son style unique qui échappe à Pangram". Discussion intéressante en plateau.
13
18
253
42,916
Nous avons soumis les textes d'Orélien publiés avant 2022 (ceux que nous avons pu trouver, quatre textes) à Pangram : tous "0% IA" (voir le tweet cité). Nous avons aussi soumis à Pangram ses textes publiés après 2023 (ceux que nous avons pu trouver) : les résultats sont ici.
Nous avons soumis à Pangram quatre textes de Thélyson Orélien écrits en 2014 (les seuls que nous avons réussi à trouver en ligne, références ci-dessous). Pour chacun, Pangram affiche un taux d'IA de... 0%. Le taux de faux positifs sur Pangram, bien documenté, est extrêmement faible (Pangram se distingue en cela des autres détecteurs d’IA sur le marché, en effet peu fiables). La probabilité que des dizaines d'extraits de son roman soient identifiés à tort comme étant générés à 100% par une IA est presque nulle (elle est de un sur plusieurs trilliards de trilliards de trilliards), statistiquement indistinguable de zéro.
28
88
540
117,380
Nous avons soumis à Pangram quatre textes de Thélyson Orélien écrits en 2014 (les seuls que nous avons réussi à trouver en ligne, références ci-dessous). Pour chacun, Pangram affiche un taux d'IA de... 0%. Le taux de faux positifs sur Pangram, bien documenté, est extrêmement faible (Pangram se distingue en cela des autres détecteurs d’IA sur le marché, en effet peu fiables). La probabilité que des dizaines d'extraits de son roman soient identifiés à tort comme étant générés à 100% par une IA est presque nulle (elle est de un sur plusieurs trilliards de trilliards de trilliards), statistiquement indistinguable de zéro.
61
109
809
153,242
Avez-vous entendu parler de ce roman ? C’est le « phénomène de la rentrée littéraire ». Il est lauréat du Prix Fnac, du Prix Méduse, du Prix Première Plume, fortement pressenti pour le Prix Renaudot, et il est en lice pour les prix Goncourt, Femina, Médicis et Décembre. Ah oui, il est aussi en cours de traduction dans 20 langues. Eh bien selon Pangram, ce roman est rédigé presque intégralement par une Intelligence Artificielle. Nous avons testé plusieurs passages, à divers endroits du manuscrit, pour presque toujours le même résultat : 100% IA (cf les deux premiers chapitre dans le tweet ci-dessous). Rappelons que Pangram est de loin le détecteur d’IA le plus fiable : son taux de faux positifs est de 0,0041%, soit environ un texte humain sur 24 400. Sur 996 273 textes antérieurs à 2022, Pangram en classe uniquement 14 (0,0014%) comme étant partiellement écrits par l’IA. La probabilité que vingt passages d’un même livre (et il y a bien plus de 20 signalements dans le roman) soient identifiés à tort par Pangram comme étant produits par une IA s’élève donc à 0,0041% puissance 20, soit 0,1802 × 10⁻⁸⁵ %, c’est à-dire 0 suivi de 85 zéros après la virgule. N’aurait-il pas été plus honnête que l’auteur crédite son co-auteur ?
438
1,226
5,397
4,990,385
N'hésitez pas à me suivre, vous pourrez bénéficier en avant première de la juteuse MUTE LIST que je vous concocte pour mettre toute la sloposphère sur silencieux 🔇
6
7
249
90,933
Les deux premiers chapitres sur Pangram. Ce ne sont hélas pas les seuls.
36
50
632
281,454
Et le commentaire Babelio d'un lecteur lucide, qui nous offre quelques extraits croustillants "made in Chat GPT".
28
75
1,108
177,980
Nous découvrons un nouvel AI sloppeur. Merci au dénonciateur anonyme ! Bienvenu sur la mute liste Le PLOUCOS !
C'est Luc Julia qui a écrit le guide de l'IA dans le service public, sérieux ? J'ai relevé au moins huit problèmes. Tout d'abord, le guide classe les outils du plus au moins sécurisé selon qu'ils sont publics, payants ou gratuits. C'est techniquement faux. La sécurité dépend du contrat, de l'usage des données, de l'hébergement, du chiffrement, des accès, des sous-traitants et de la juridiction. Pas du prix. Il mélange ensuite les versions grand public de ChatGPT et Claude avec leurs offres professionnelles contractualisées, qui n'offrent pas les mêmes garanties. Il présente aussi comme une obligation légale générale la mention de l'usage de l'IA. Puis prévoit l'inverse pour une réponse parlementaire et un entretien annuel. Même le guide se contredit. Le calendrier du règlement IA sur le recrutement est déjà dépassé. Les principales obligations ont été reportées au 2 décembre 2027. Le "style Pixar" serait protégé par le droit d'auteur. Non. Un style abstrait ne l'est pas. Ce sont les éléments originaux précis d'une oeuvre qui peuvent poser problème. Les chiffres environnementaux sont présentés comme des constantes, alors qu'ils varient selon le modèle, le matériel, les tokens, le raisonnement, le datacenter et la tâche. Le guide affirme enfin qu'un traducteur classique consomme moins, sans aucune mesure. Alors que les traducteurs modernes utilisent souvent eux-mêmes des réseaux de neurones. Et dans le cas du résumé de réunion, on trouve un copier-coller sur le télétravail, avec la phrase : "les obligations de l'âge". Un guide officiel sur l'IA. C'est hallucinant.
9
4
66
38,846
Félicitations au notoire techno-sloppeur @grm_off, 3ème nom à venir rejoindre notre mute liste ! Balance ton Claude mène une démarche écologique et responsable contre la pollution de vos fils d'actualité. Montez dans le train !
Le propos de Louisa Yousfi mérite mieux qu’un scandale de 6 minutes (merci à @FrenchCarcan pour l'avoir partagé ici) La phrase selon laquelle les Blancs seraient détachés de "l’humanité générique" choque. Pourtant, elle révèle surtout une doctrine beaucoup plus structurée, dont la cohérence apparaît lorsqu’on relie race, mémoire coloniale, islam, communauté et rapport de force. 🧵👇 Yousfi appartient à une tradition intellectuelle identifiable, celle du courant décolonial français, nourri notamment par le Parti des indigènes de la République et Houria Bouteldja. Son travail prolonge une idée déjà présente dans Rester barbare : préserver ce qui résiste à l’assimilation occidentale. Dans La Grande Méthode, cette logique rencontre le deuil, l’Algérie, la religion et la Palestine. L’intime devient politique, puis la politique devient généalogie. 1. Le premier mécanisme consiste à transformer une histoire collective en identité raciale. La colonisation européenne constitue un fait historique. Yousfi effectue ensuite un glissement : des États, des empires et des institutions vers "les Blancs". Le Blanc devient dépositaire d’une position historique indépendamment de sa trajectoire personnelle. L’ouvrier français, le descendant d’immigrés polonais, le bourgeois parisien ou l’enfant né en 2005 finissent symboliquement rangés dans le même camp. C’est ici que le discours devient racialiste. Une couleur devient une catégorie politique dotée d’une situation morale commune. Lorsque Yousfi affirme que "c’est des Blancs" et les éloigne de "l’humanité générique", elle reproduit l’une des opérations fondamentales du racisme : définir les individus à partir d’un groupe hérité, puis attribuer à ce groupe des propriétés collectives. L’universalisme devient alors suspect par nature. Puisque des puissances européennes ont proclamé des droits universels tout en colonisant d’autres peuples, l’universalisme lui-même serait une manifestation de domination. Le raisonnement confond pourtant l’hypocrisie de ceux qui ont trahi un principe avec la valeur du principe. L’histoire coloniale démontre précisément pourquoi l’égalité des individus doit prévaloir sur les appartenances raciales. Le "choix des ancêtres" révèle ensuite l’objectif politique. Yousfi demande en substance aux Français blancs d’intégrer Fanon, le FLN et les combattants algériens à leur généalogie symbolique. La citoyenneté commune devient ainsi insuffisante. L’accès à une humanité réconciliée exige l’adhésion au récit décolonial. Celui qui accepte entre dans le mouvement d’émancipation. Celui qui refuse confirme sa position dominante. La théorie devient pratiquement irréfutable. Le même mécanisme traverse son rapport à l’intégration. La communauté issue de l’immigration possède une valeur particulière parce qu’elle demeure encore partiellement extérieure, résistante à l’absorption. L’islam devient alors davantage qu’une religion : une ressource de cohésion, une communauté de destin et un instrument de "réarmement spirituel". La Palestine complète cette généalogie comme expérience contemporaine de la domination et de la résistance. Nous arrivons ici au cœur du projet. Le sujet politique cesse progressivement d’être l’individu-citoyen. Il devient le groupe historique : Blancs, descendants de colonisés, musulmans, immigration postcoloniale. La démocratie change alors de nature. La question centrale devient celle du rapport de force entre communautés, de leur mémoire respective, de leurs territoires symboliques et de leur capacité à imposer leur récit. Le vocabulaire de Yousfi achève cette transformation : "la guerre, c’est l’état de la vie", "j’écris comme si on était en guerre". J’y vois une véritable anthropologie du conflit. La confrontation devient productive, presque vitale. Le groupe se constitue grâce à son adversaire. Cette logique est mortifère pour tout le monde. Elle enferme les Blancs dans une culpabilité héritée et risque de produire exactement la conscience raciale qu’elle prétend combattre. À force d’expliquer aux individus qu’ils appartiennent à des blocs raciaux aux intérêts antagonistes, certains finiront par adopter cette vision. Elle enferme aussi les musulmans dans une assignation communautaire. L’intégration, les identités multiples, les mariages mixtes, la sécularisation ou le patriotisme français deviennent facilement lisibles comme domestication ou déracinement. Des millions de musulmans se retrouvent ainsi enrôlés symboliquement dans une guerre identitaire qu’ils n’ont jamais choisie. Le paradoxe final est saisissant : cette pensée promet la libération tout en ayant besoin d’un adversaire permanent. ◻ Pour rester "barbare", il faut un Empire auquel résister. ◻ Pour maintenir une communauté de destin, il faut un "eux". ◻ Pour entretenir la conscience décoloniale, il faut prolonger la colonialité comme grille de lecture du présent. Le danger profond se trouve là : le décolonialisme de Yousfi inverse les rôles de l’ancien racialisme tout en conservant sa matrice fondamentale. Ainsi, l’individu défini par son ascendance, son groupe et sa couleur.
3
4
65
25,067
Félicitations à @Guigz75116 (Guillaume Herblot), deuxième compte à rejoindre la mute liste ! Score de 100% Pangram sur près de 100% de ses posts, même notre roi Brivael n'atteint pas de telles performances. Félicitations Guillaume !
La préférence nationale ? Un scandale moral, un crime contre l’humanité, la porte ouverte au fascisme mais seulement quand c’est un Français qui en parle. Le Japon protège son marché du travail et sa cohésion sociale depuis des décennies. Personne ne l’accuse de racisme. Les États-Unis font « America First », priorisent leurs citoyens pour les emplois publics, les marchés et les aides. C’est du patriotisme. Les Émirats, le Qatar, l’Arabie saoudite réservent une grande partie des postes et des avantages à leurs nationaux. Silence radio. La Suisse vote régulièrement pour limiter l’immigration et protéger ses citoyens. Démocratie exemplaire. En France, dès qu’on dit « les Français d’abord », c’est le grand soir médiatique. Raciste, xénophobe, nostalgique de Vichy. On sort les plus lourds procès d’intention. Pourquoi ce deux poids deux mesures ? Parce qu’une partie de l’élite française a fini par considérer que l’identité nationale était un péché originel. Être français, ce n’est plus un héritage à transmettre, c’est une faute à racheter. On a transformé le patriotisme en honte et l’ouverture en masochisme. Les autres pays défendent leurs intérêts sans complexe. Nous, on s’auto-flagelle pour prouver qu’on est « au-dessus » de ça. Résultat : on est le seul pays où dire qu’on a le droit de préférer ses propres citoyens passe pour une provocation. Félicitations, on a réussi l’exploit de faire de la haine de soi une vertu républicaine.
6
6
55
18,878
Pangramed ! Félicitations à @daedalium (Oussama Amar), premier à rejoindre la mute liste !
Il suffit parfois d’un mot pour transformer un inconnu Une expérience récente menée auprès de 2 405 Italiens a fait varier une information minuscule : certains participants ne savaient pas de quelle partie du pays venait la personne avec laquelle ils interagissaient. D’autres apprenaient qu’elle venait du Nord ou du Sud. Quand cette information n’était pas donnée, les chercheurs ne trouvaient pas de différence significative entre participants du Nord et du Sud dans leurs attentes de confiance et de coopération. Mais lorsque l’origine régionale devenait visible, les différences apparaissaient. Les participants du Sud avaient notamment tendance à attendre moins de confiance et de coopération de la part d’autres Sudistes lorsqu’ils savaient qu’ils avaient affaire à quelqu’un de leur propre région. La personne en face n’avait pourtant rien fait de différent. On avait simplement ajouté une information permettant de la ranger dans une catégorie. On présente souvent l’appartenance à un même groupe comme quelque chose qui rapproche. Deux personnes découvrent qu’elles viennent du même endroit et possèdent immédiatement un terrain commun. Mais appartenir à un groupe signifie aussi avoir accumulé toutes sortes d’attentes sur les gens qui en font partie. Connaître les codes d’un milieu peut vouloir dire connaître les raisons de lui faire confiance, mais aussi savoir exactement de quoi il faut se méfier. Une catégorie transporte beaucoup plus d’informations que le mot qui la désigne. Dire de quelqu’un qu’il vient du Nord ou du Sud, qu’il appartient à telle profession, telle école ou tel milieu ne décrit pas seulement cette personne. Ça peut aussi faire remonter tout ce qu’on croit déjà savoir des gens comme elle. C’est presque une forme de compression sociale. Quelques mots suffisent pour transporter des réputations, des expériences passées et des stéréotypes qu’un individu n’a jamais personnellement confirmés. Il faut évidemment éviter de transformer une expérience italienne en loi générale sur les groupes humains. Les auteurs observent surtout une modification des attentes concernant le comportement des autres, et les effets ne sont pas robustes sur toutes leurs mesures de coopération. Mais l’expérience produit une situation assez particulière. Deux inconnus peuvent commencer par interagir sans connaître leurs origines respectives. On révèle ensuite à l’un d’eux que l’autre vient du même endroit que lui. Rien n’a encore changé dans le comportement de la personne en face. Elle vient simplement d’hériter de tout ce que son interlocuteur savait déjà sur son groupe.
2
5
64
16,272