Non. La France a de graves problèmes : dette, déficit, instabilité politique. Personne ne devrait les nier.
Mais la présenter comme « le maillon faible de l'Europe » relève davantage du récit que de l'analyse. Pour la septième année consécutive, elle reste d'ailleurs la première destination européenne des investissements étrangers.
L'Allemagne conserve des finances publiques plus solides. Mais son modèle industriel traverse une crise profonde : automobile, chimie, énergie, compétitivité, investissements. Sa croissance est en panne depuis des années.
Chaque grande économie européenne a aujourd'hui ses vulnérabilités. Celles de la France sont principalement budgétaires. Celles de l'Allemagne sont largement industrielles et structurelles.
On peut critiquer le bilan d'Emmanuel Macron, et je ne m'en suis jamais privée, sans transformer la France en homme malade de l'Europe.
Comme ses voisins, la France appartient à une Europe qui doit entièrement repenser son modèle de croissance.
Et à force d'expliquer aux Français que leur pays est condamné, on finit surtout par oublier ce qu'il possède encore : une démographie moins défavorable que beaucoup de ses voisins, une électricité largement décarbonée, une industrie aéronautique et de défense de premier rang, le nucléaire, le spatial, le luxe, l'agriculture et une capacité d'innovation considérable.