Le pâturage et la recherche de valeur ajoutée dans la production laitière paye mieux l'éleveur !
D'après les études du Civam sur 10 ans*, les fermes Agriculture Durable (AD) qui misent sur une stratégie de valeur ajoutée fondée sur l’autonomie et la maîtrise des charges semble mieux rémunérer les producteurs laitiers.
A en croire cette source, la voie du pâturage, fondée sur la valorisation directe de l’herbe et des processus biologiques, permet de produire du lait en mobilisant davantage de ressources internes à la ferme et moins d’intrants extérieurs.
Par exemple, grâce à une alimentation avec peu de concentrés importés, leur coût alimentaire annuel est réduit de moitié pour 1000L de lait produits, ce qui représente une économie de 60 000€/an et leur permet d’être moins exposées aux fluctuations des cours mondiaux.
Sur dix ans, les fermes AD démontrent leur robustesse économique avec un résultat courant plus stable que celui des fermes du RICA (dispersion de 9 % contre 41 %). Elles créent davantage de richesse par litre de lait produit : rapporté à la production laitière, le résultat courant est en moyenne 2,2 fois plus élevé dans les systèmes herbagers pâturants sur 10 ans.
La robustesse économique des fermes AD se traduit par une meilleure capacité à rémunérer le travail agricole. En moyenne sur 10 ans, les fermes AD dégagent 8 500 € de revenu disponible en plus par associé·e par anque les fermes du RICA. En cumulé sur 10 ans, c’est 93 635 € en plus par associé·e pour les fermes en agriculture durable. Le revenu disponible reste également plus stable sur cette même période : 5,5 fois moins de dispersion en 10 ans.
Grâce à une évolution plus modérée et en limitant les investissements, les fermes AD restent plus accessibles pour les porteur·euses de projet. Avec, en moyenne sur 10 ans, - 62 447 € de capital par actif et - 11 648 € d’annuités de remboursement, elles réduisent la pression financière et la charge liée au remboursement des emprunts, contribuant ainsi à construire des fermes plus transmissibles, durables et vivables.
Les systèmes herbagers pâturants reposent sur une meilleure valorisation des ressources naturelles de la ferme. Les fermes AD comptent 60 % de prairies supplémentaires en moyenne sur 10 ans, plaçant le pâturage au cœur de l'alimentation des vaches. Cette place centrale des prairies réduit les besoins en intrants et le travail du sol, avec - 170 €/ha de charges sur les cultures.
Les fermes AD utilisent également moins d'engrais, d'amendements et de produits phytosanitaires (- 98 €/ha). En s’appuyant davantage sur des processus biologiques, les fermes AD réduisent leurs impacts environnementaux et contribuent à préserver la biodiversité.
* Observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers. Cette nouvelle édition, basée sur les données comptables 2024, est enrichie d'une analyse pluriannuelle sur la période 2014-2024.
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