Haaretz a publié le témoignage d’un major de réserve et opérateur de drones dans l’armée de l’air israélienne qui commandait une cellule de frappe rattachée à des brigades en manœuvre à l’intérieur de Gaza. Voici ce qu’il avait à dire :
1) Il a été impliqué dans les tueries de paramédics le 23 mars 2025 à Tel al-Sultan, à Rafah, et a déclaré : « On pouvait clairement voir que c’étaient des véhicules de secours même quand on a ouvert le feu sur eux depuis le sol. Sans raison apparente, les forces au sol ont chargé le convoi. Ils ont tiré sur le premier véhicule, le personnel médical est sorti, s’est caché derrière les ambulances et a supplié pour sa vie, et les soldats les ont abattus un par un. »
2) Sur la manière dont la ligne jaune a été utilisée comme prétexte pour tuer des innocents : « Les Palestiniens ne savaient pas qu’elle existait, et l’armée de l’air n’était pas toujours informée non plus. Du point de vue d’un agriculteur qui marche sur sa propre terre — il n’a aucune idée qu’il entre dans une zone que l’armée israélienne a soudainement décidé d’en faire une zone de tir. Et puis toutes sortes de justifications rétroactives ont commencé à surgir. “Il venait pour une transaction d’armes.” “Il a touché le sol, peut-être qu’il plantait un explosif.” Pour moi, on aurait dit qu’ils essayaient d’incriminer des gens sans renseignements ni preuves. »
3) Sur la manière dont toute morale a été perdue à Gaza : « Le sentiment était que quelque chose s’était déchiré, tout le monde était déjà devenu cynique face à la mort, on ne peut pas le comprendre de l’extérieur. Ce n’est pas juste de la fatigue, c’est une érosion de la moralité, de la responsabilité, du sentiment que quelqu’un gère encore l’événement. Très vite, toute cette affaire de “dommages collatéraux” a disparu des considérations. Ils tirent sur n’importe qui ils voient. L’ambiance a commencé à ressembler aux tribunes d’un match de foot. La façon dont vous criez à un joueur, “Allez, marque,” c’est comme ça qu’ils criaient à un soldat, “Tue-le, frappe-le.” »
Voilà à quoi ressemble un génocide du point de vue du perpétrateur.
Haaretz published the testimony of a reserve major and UAV operator in the Israeli Air Force who commanded a strike cell attached to maneuvering brigades inside Gaza. This is what he had to say:
1) He was involved in the March 23, 2025 paramedic killings in Tel al-Sultan, Rafah and said, "You could clearly tell these were rescue vehicles even as fire was opened on them from the ground. For no apparent reason, the force on the ground charged the convoy. They shot the first vehicle, the medical personnel got out, hid behind the ambulances and begged for their lives, and the soldiers shot them one after another."
2) On how the yellow line was used as an excuse to kill innocent people: "The Palestinians didn't know it existed, and the Air Force wasn't always updated either. From the perspective of a farmer walking onto his own land — he has no idea he's stepping into an area the IDF suddenly decided is a fire zone. And then all kinds of retroactive justifications started coming up. 'He came for an arms deal.' 'He touched the ground, maybe he's planting an explosive.' To me it looked like they were trying to incriminate people with no intelligence and no proof."
3) On how all morals were lost in Gaza: ""The feeling was that something tore, everyone had already become cynical about death, you can't understand it from the outside. It's not just fatigue, it's an erosion of morality, of responsibility, of the sense that someone is still managing the event. Very quickly this whole business of 'collateral damage' disappeared from the considerations. They fire on anyone they see. The atmosphere started to be like the stands at a soccer match. The way you shout at a player, 'Yalla, score,' that's how they shout at a soldier, 'Kill him, strike him.'"
This is what genocide looks like from the perspective of the perpetrator.