Quitter la Russie ne signifie pas toujours la fin des persécutions.
Menaces, surveillance, cyberattaques, poursuites pénales, condamnations par contumace, demandes d’extradition, restrictions bancaires et pressions sur les proches restés en Russie : autant de méthodes qui peuvent être utilisées contre les journalistes, activistes, défenseurs des droits humains et opposants politiques en exil.
Dans son nouveau rapport pour l'ONU, intitulé « Nowhere is safe : exporting the rule of fear beyond borders » (« Nulle part en sécurité : exporter le règne de la peur au-delà des frontières »), Mariana Katzarova, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Fédération de Russie, examine l'ampleur de la répression transnationale, qui s'est considérablement intensifiée depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie.
Des représentants de Russie-Libertés et de Future Russia ont assisté à la présentation du rapport de Mariana Katzarova.
Près de 400 cas documentés permettent de comprendre le fonctionnement de ces mécanismes. La répression ne s'arrête pas aux frontières de l'État : les poursuites peuvent se poursuivre à travers des procédures pénales, des mécanismes de coopération internationale (notamment Interpol), des systèmes financiers ou des pressions exercées sur les familles.
Une autre question se pose alors : comment éviter que les institutions des pays d'accueil ne deviennent, parfois involontairement, les relais des persécutions engagées en Russie ?
Mariana Katzarova souligne que la répression transnationale doit être considérée non seulement comme une atteinte à la souveraineté des États, mais aussi comme un enjeu majeur de protection des droits humains. Elle propose notamment l'élaboration d'une convention des Nations unies juridiquement contraignante sur la répression transnationale.
Dans nos cartes, nous vous présentons les principaux mécanismes analysés dans le rapport et leurs conséquences pour les personnes en exil.
📄 A/HRC/63/60 — septembre 2026
Mariana Katzarova, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Fédération de Russie.