J'ai été libéré matin, ce lundi 13 janvier 2025, après quatorze mois de détention à domicile avec un bracelet électronique sur les 18 que je devais purger en tout. Les quatre mois de remise de peine qui m'avaient été accordés ont bien failli être supprimés du fait que toutes les parties civiles n'ont pas été réglées.
La Licra m'a saisi 35 000 € en mai 2023, après que j'ai perçu l'héritage laissé par mon père, décédé quand j'étais en prison. J'ai depuis commencé à régler l'association Avocat sans frontières, par échelonnement, avant que mon compte bancaire La Banque postale ne soit supprimé d'autorité au mois de décembre dernier.
In extremis, de crainte que les remises de peine ne sautent, j'ai commencé fin décembre à régler le Bureau national de Vigilance contre l'antisémitisme. Je vais tout de même faire quelques petites vérifications auprès de la CIVI (la Commission d'indemnisation au victimes d'infraction), histoire de voir si tout ce petit monde n'a pas déjà été indemnisé par l'argent des contribuables.
Pour mes livres et mes publications, j'aurais donc été frappé de 22 condamnations définitives -- des "délits de presse", qui sont en réalité des délits d'opinion.
J'aurais payé en tout 27 500 euros au Trésor public (les amendes et autres frais de justice).
J'aurais payé de ma poche pour 7000 euros d'avocats, y compris lorsque j'étais en prison et que les dons affluaient sur le compte de Damien Viguier (sans doute 90 000 euros ; la plainte a dû être perdue sous une pile de dossier dans le bureau du procureur de Bourg-en-Bresse).
J'aurais payé 45 000 euros aux différentes parties civiles.
J'aurais effectué 7 mois de prison à Fleury-Mérogis (17 septembre 2020 - 17 avril 2021), à l'isolement dit "spécifique", puis à un isolement total du fait des tracasseries que la direction de la prison m'a créées par la suite (dont les 10 jours de mitard et 10 jours de prison supplémentaires). Le pire étant le "confinement", qui interdisait toute activité. Je serais donc resté deux mois pleins dans une cellule, sans possibilité aucune de sortir, avec des Mohamed et des Mamadou qui m'insultaient à la fenêtre (voir le livre intitulé Le Coup de la loi).
J'ai ensuite été contraint à deux années de "suivi socio-judiciaire", obligé de rendre tous les mois des comptes de mes activités à une C-PIP, conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation.
Puis, en dernier lieu, j'aurais été maintenu en détention à domicile pendant ces quatorze derniers mois : pas de week-end, pas de vacances, pas de sortie avec les enfants.
Voilà ce qu'il en coûte d'être un opposant politique.
Si j'avais dénoncé le lobby breton dans les médias, les Corses dans les douanes ou les Auvergnats dans la "limonade" comme on disait avant, je n'aurais évidemment jamais subi toutes ces condamnations judiciaires et ces tracasseries.