C'est marrant parce que moi quand on me parle de casse de l'éducation, je pense d'abord à la dégradation du niveau des élèves, à ma carrière où je gagne en 2026 exactement ce que je gagnais en 2016, à la façon dont les collègues se sentent méprisés particulièrement depuis les années Blanquer, au phénomène nouveau qu'est le turn-over enseignant, au recrutement en jobdating, à bac+2 ou à 6/20, à l'abandon progressif des missions bénévoles des enseignants qui perdent la foi, aux inégalités territoriales plus prononcées qu'avant, à la progression de la violence adolescente, au fait que Macron avait confié la stratégie de notre école à des types comme Bigorgne, à la privatisation d'une plus grande part du supérieur sans aucune amélioration du domaine, et au détournement de milliards d'euros d'apprentissage par des charlatans.
Mais chacun ses pensées.
Quand on me parle de « casse de l’éducation », je pense d’abord aux 88 personnels délibérément visés, aux 24 lycées incendiés ou saccagés et aux équipes profondément traumatisées.
Nous sommes prêts à débattre de tout, des moyens comme des choix pour notre École, mais aucune revendication ne peut justifier qu’on s’en prenne à celles et ceux qui la font vivre.
Nul ne peut s'en prendre à l'institution scolaire. Elle est notre bien commun et le fondement de notre contrat social.