🇫🇷 La France va mal. Et il est temps de parler des responsables politiques, pas seulement de ceux qui subissent.
Depuis 2017, Emmanuel Macron promettait le « plein emploi ». La politique menée a notamment reposé sur les baisses de prélèvements, la réforme de l’assurance chômage, la création de France Travail et, depuis 2025, la généralisation de l’inscription des bénéficiaires du RSA dans le dispositif.
Pourtant, au 2ᵉ trimestre 2026, le chômage atteint 8,3 %, soit 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT. Il a augmenté de 0,7 point en un an. Chez les 15-24 ans, il atteint 21,6 %. Le chômage de longue durée concerne 671 000 personnes.
Alors posons la question :
Est-ce réellement aux agents de France Travail de porter l'échec ou les limites de politiques qu'ils n'ont pas décidées ?
France Travail, présidé par Alexandre Saubot et dirigé par Thibaut Guilluy, doit aujourd'hui accompagner davantage de publics et remplir davantage de missions.
Et pourtant, son budget 2026 prévoit 52 463 ETPT, dont 48 632 sous plafond.
Même logique dans l'État : le projet budgétaire 2026 prévoyait un solde global de -3 119 ETP pour l'État, ses opérateurs et les caisses de sécurité sociale, avec -1 735 ETP chez les opérateurs de l'État.
On demande donc aux services publics de faire plus, avec une organisation toujours plus complexe et des contraintes budgétaires toujours plus fortes.
Et derrière les tableaux Excel, il y a une réalité :
Des personnes cherchent du travail mais n'ont pas de transport.
Des formations ne débouchent pas forcément sur un emploi.
Des entreprises recrutent mais ne trouvent pas toujours les compétences adaptées.
Des conseillers doivent gérer des portefeuilles, des obligations administratives et des réformes successives.
Et des citoyens se retrouvent seuls face à une machine administrative devenue extrêmement complexe.
Le gouvernement continue pourtant de pousser la logique du « retour à l'emploi » et du contrôle. En 2026, la réforme de l'assurance chômage prévoit notamment de nouvelles règles concernant les ruptures conventionnelles et un accompagnement renforcé par France Travail.
Mais où est le bilan politique ?
Depuis 2017, Emmanuel Macron et les gouvernements successifs — Édouard Philippe, Jean Castex, Élisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier, François Bayrou puis les gouvernements suivants — ont multiplié les réformes du marché du travail.
Aujourd'hui, le chômage remonte.
Alors il faut arrêter de demander uniquement :
👉 « Pourquoi le chômeur ne retrouve-t-il pas d'emploi ? »
Et commencer à demander :
👉 « Pourquoi nos politiques publiques ne produisent-elles pas les résultats annoncés ? »
Le problème n'est pas simplement France Travail.
Le problème est beaucoup plus profond : emploi, salaires, logement, mobilité, formation, santé, industrie, services publics et pouvoir d'achat sont liés.
On ne peut pas demander à quelqu'un d'accepter un emploi à 1 200 ou 1 300 € quand il doit payer un logement hors de prix, se déplacer sans voiture et parfois faire des dizaines de kilomètres pour travailler.
Et surtout, on ne peut pas demander aux agents de terrain de compenser indéfiniment les insuffisances des politiques nationales.
La responsabilité doit remonter jusqu'à ceux qui votent les lois, définissent les budgets et fixent les objectifs.
🇫🇷 La France n'a pas seulement besoin de nouvelles réformes. Elle a besoin que les responsables politiques rendent des comptes sur les résultats des précédentes.
Parce qu'un indicateur de performance ne remplacera jamais une personne qui retrouve réellement un emploi.
Et derrière chaque statistique, il y a un Français.