Il faut comprendre qu'il est très difficile, au Mali, pour les figures publiques, et même pour les citoyens ordinaires, de vivre sans montrer, de temps à autre, leur attachement au pays. Ce qui relevait autrefois de l'évidence, et n'avait même pas besoin d'être exprimé, est aujourd'hui une nécessité presque vitale.
Vous n'êtes plus pleinement Malien si, de temps à autre, vous ne souhaitez pas la victoire aux FAMa, si vous ne vous réjouissez pas d'événements symboliques comme la reprise de Kidal, ou si vous ne vous dites pas attristé, surpris et ému par la survenue d'événements pourtant prévisibles.
C'est un peu comme ces musulmans qui ne le sont plus vraiment, mais qui continuent à se rendre à la mosquée le vendredi, au moins de temps à autre, afin de préserver les apparences et de maintenir un lien symbolique avec la communauté.
Kidal, aujourd'hui, n'est plus une ville peuplée d'êtres humains. Elle est devenue un objet symbolique, un marqueur identitaire, le support d'un récit national sur lequel chacun est sommé de projeter ses espoirs, ses émotions et sa loyauté.
Tu retombe dans l'émotion ?