Un congolais qui défend un chinois.
Et Napoléon Bonaparte ? C’était un démocrate ?
Je vois des gens reprocher à Mbappé d’avoir présenté ses excuses au peuple chinois après avoir qualifié Mao de dictateur. Tellement ils feignent d’ignorer qu’ici le sujet ce n’est pas ce qu’on peut penser ou ce que l’on sait de Mao, mais plutôt ce qu’il continue de représenter pour le peuple chinois. Cela pose aussi la question de la légitimité d’un Européen à distribuer des rôles et à assigner des jugements sur des civilisations dont les peuples entendent conserver un certain rapport avec leurs grandes figures, aussi controversées soient-elles, et avec leur histoire. Car la place d’une figure dans l’histoire ne se réduit pas toujours à son bilan factuel. Le régime mémoriel dépasse la seule question du bilan.
Les prétentions occidentales à la supériorité morale sont hallucinantes. Aucune civilisation ne peut revendiquer le monopole de la liberté, de la moralité ou de la démocratie.
D’ailleurs, historiquement parlant, les premiers dictateurs reconnus comme tels sont européens (romains), d’abord dans le cadre d’une magistrature exceptionnelle et légale, puis comme dictateurs au sens moderne du mot. On citera Sylla et César, ce dernier étant honoré perpétuellement, d’ailleurs, jusqu’à nous avec le calendrier. Son héritage politique ayant ainsi été banalisé et son personnage incorporé dans une convention collective, celle de notre rapport avec le temps. Je ne m’attarderai pas sur le cas de Napoléon Bonaparte.
Mais pourquoi le doigt inquisiteur de la conscience occidentale n’est-il pointé qu’en direction des Mao et autres leaders politiques issus des histoires et des civilisations non occidentales ? C’est là encore l’expression d’un racisme enfoui et d’un sentiment de supériorité mal placé dans le chef de ces braqueurs d’histoire qui monopolisent la morale et qui pensent faire oublier leurs propres laideurs.
Assez !