đšđ”đčCOMMUNIQUĂ DE CRISTIANO RONALDO
« Comme promis, jâai dĂ©cidĂ© de revenir, Ă la premiĂšre personne et en toute transparence, sur les circonstances qui ont entourĂ© le dernier rassemblement international. »
AprĂšs la Coupe du monde 2026, jâavais prĂ©parĂ© une lettre destinĂ©e au peuple portugais. Je la conserve encore aujourdâhui, avec les mots que je souhaite lui adresser lorsque je quitterai dĂ©finitivement notre Ă©quipe nationale.
Ă la fin de la compĂ©tition, dĂšs mon retour des Ătats-Unis, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration mâa demandĂ© avec insistance de reconsidĂ©rer ma dĂ©cision de partir, car la FPF souhaitait que je reste.
Peu aprĂšs, il mâa Ă©galement demandĂ© mon avis sur le nom de lâentraĂźneur actuel, quâil envisageait de nommer au mĂȘme titre que d'autres noms qu'il ne m'a pas rĂ©vĂ©lĂ©s.
Je lui ai répondu que, selon moi, ce serait le bon choix.
Câest pourquoi, le jour de la prĂ©sentation de lâentraĂźneur actuel, jâĂ©tais sincĂšrement heureux de cette dĂ©cision. CâĂ©tait, Ă mes yeux, la bonne option, comme les rĂ©sultats lâont ensuite dĂ©montrĂ©.
Quelques jours plus tard, jâai reçu un premier appel du nouvel entraĂźneur de lâĂ©quipe nationale. Il souhaitait me rencontrer personnellement. Jâai acceptĂ© et nous avons convenu dâun rendez-vous Ă la fin de mes vacances.
Nous nous sommes retrouvĂ©s Ă la Cidade do Futebol, oĂč mon club effectuait son stage de prĂ©paration dâavant-saison.
Ce jour-lĂ , lâentraĂźneur mâa expliquĂ© quâil comptait sur moi et que ma prĂ©sence Ă©tait essentielle Ă son projet. Il mâa immĂ©diatement prĂ©sentĂ© le plan quâil avait prĂ©vu pour ma participation.
Il mâa expliquĂ© que je jouerais le premier et le dernier match et que, pour des raisons de gestion physique, il procĂ©derait systĂ©matiquement Ă trois ou quatre changements par rencontre.
Ă ce moment-lĂ , il mâa Ă©galement proposĂ© de ne pas voyager avec lâĂ©quipe nationale pour les matchs en NorvĂšge et au Danemark.
Son idĂ©e Ă©tait que je joue le premier match, que je reste ensuite au Portugal et que je rejoigne lâĂ©quipe avant la rencontre Ă Porto.
Jâai immĂ©diatement refusĂ© cette proposition.
Pour moi, il Ă©tait Ă©vident que je ne pouvais pas lâaccepter. Le fait de ne pas jouer Ă lâĂ©tranger ne signifiait pas que je devais renoncer Ă mon rĂŽle de capitaine de notre Ă©quipe.
Accepter ce privilĂšge de rester au Portugal nâaurait pas reprĂ©sentĂ© un bon exemple.
Le sélectionneur a finalement reconnu et approuvé mon point de vue.
SimĂŁo Coutinho, directeur sportif dâAl Nassr, Ă qui lâentraĂźneur actuel avait rendu compte tout au long de la saison prĂ©cĂ©dente et qui faisait partie des responsables de son recrutement par le club en 2025, Ă©tait prĂ©sent lors de cette conversation.
Ă la veille du stage dâentraĂźnement, lâentraĂźneur est venu chez moi, Ă Lisbonne, pour un nouvel entretien Ă sa demande.
La conversation sâest dĂ©roulĂ©e dans le calme et tous les principes que nous avions convenus en aoĂ»t ont Ă©tĂ© respectĂ©s.
Jâai jouĂ© le match contre le Pays de Galles et, malgrĂ© mon remplacement, je nâai posĂ© aucun problĂšme.
Jâai mĂȘme moi-mĂȘme remis le brassard de capitaine Ă Bruno Fernandes, sans imaginer un seul instant que cela pourrait ĂȘtre mes derniers pas en tant que joueur et capitaine de lâĂ©quipe nationale.
Ce qui comptait pour moi ce jour-lĂ , câĂ©tait notre victoire.
Gagner est toujours une bonne chose, mais gagner au Portugal et pour mon pays est encore plus important.
Le jour du match en NorvĂšge, au moment du dĂ©jeuner, un adjoint du sĂ©lectionneur national est venu Ă notre table pour mâinformer que lâentraĂźneur souhaitait me parler.
Ă ma grande surprise, il mâa demandĂ© si jâĂ©tais capable de jouer 30 minutes.
JâĂ©tais entiĂšrement concentrĂ© sur ma rĂ©cupĂ©ration, intĂ©grĂ© au groupe comme je lâai toujours Ă©tĂ©, et je pensais que je ne jouerais pas ce jour-lĂ .
Pour moi, il nây avait aucun problĂšme.
Cette demande ne correspondait pas Ă mon programme de rĂ©cupĂ©ration et dâentraĂźnement, puisque je ne devais jouer que le 4 Ă Porto.
Mais jâai Ă©videmment acceptĂ©.
Il mâa alors rĂ©pondu que je devais ĂȘtre prĂȘt, car je jouerais bien 30 minutes.
La suite appartient Ă lâhistoire.
Je ressentais la pression depuis la mi-temps, jâai vu les minutes passer et je nâai finalement pas Ă©tĂ© appelĂ©.
Le sĂ©lectionneur avait donc manquĂ© Ă la parole quâil mâavait donnĂ©e.
Ă la fin du match, je voulais simplement que tout se termine par une victoire et pouvoir rester seul.
Je ne suis pas allé saluer les supporters.
Câest une erreur dont jâassume entiĂšrement la responsabilitĂ© et qui nâaurait jamais dĂ» se produire.
Je prĂ©sente mes excuses au peuple portugais, qui nous a soutenus avec tant de ferveur. Je prĂ©sente Ă©galement mes excuses aux supporters, ainsi quâĂ toutes les personnes qui, sans ĂȘtre portugaises, Ă©taient venues me voir et que jâai pu dĂ©cevoir.
Quarante-huit heures plus tard, nous avons eu une conversation rĂ©unissant lâentraĂźneur, SimĂŁo Coutinho et moi-mĂȘme, puisque câĂ©tait lui qui avait assistĂ© Ă nos Ă©changes du mois dâaoĂ»t.
Ce fut un moment intense, trĂšs direct et sans aucun filtre.
Nous sommes arrivĂ©s Ă la conclusion quâil nâexistait quâune seule maniĂšre de mettre fin Ă cette « affaire » : lâentraĂźneur devait rĂ©pĂ©ter publiquement ce quâil venait de me dire en privĂ©, en prĂ©sence de SimĂŁo Coutinho, mais cette fois dans la salle de presse.
Lâaccord Ă©tait simple.
LâentraĂźneur devait commencer sa confĂ©rence de presse en abordant ce sujet, afin de rĂ©tablir la vĂ©ritĂ©.
De mon cĂŽtĂ©, je devais dire que je nâavais jamais demandĂ© Ă jouer.
CâĂ©tait lâentraĂźneur, et personne dâautre, qui mâavait proposĂ© ce projet concernant le stage.
Il devait Ă©galement reconnaĂźtre que câĂ©tait une erreur de me faire mâĂ©chauffer pour finalement ne pas me faire entrer en jeu, et que, si une telle situation devait se reproduire, il ne le referait pas.
Nous avons terminé cette réunion par une accolade du coach.
Il mâa promis quâil confirmerait en confĂ©rence de presse ce quâil venait de me dire et que cette affaire serait alors dĂ©finitivement close.
Je ne jouerais pas au Danemark, mais je jouerais Ă Porto.
Tout cela en présence de Simão Coutinho, comme cela avait toujours été le cas.
Ă la demande de lâentraĂźneur, une rĂ©union en visioconfĂ©rence a ensuite Ă©tĂ© organisĂ©e entre lui, SimĂŁo Coutinho et Tiago Craveiro.
Au cours de cette réunion, nous avons résumé ce qui avait été discuté.
Un bref document a ensuite Ă©tĂ© rĂ©digĂ©. Je lâai personnellement validĂ© et, Ă ma connaissance, il a Ă©tĂ© remis au sĂ©lectionneur comme celui-ci lâavait demandĂ©.
La confĂ©rence de presse sâest dĂ©roulĂ©e exactement comme prĂ©vu sur le fond, mais lâattitude Ă©tait totalement diffĂ©rente de celle que nous avions eue lors de notre rĂ©union.
Jây ai entendu des propos et une agressivitĂ© qui mâont semblĂ© injustifiĂ©s, avec une attitude de « je veux, je peux et jâordonne » que je nâavais jamais, mĂȘme de loin, perçue dans nos Ă©changes privĂ©s la veille.
Les notes que jâavais validĂ©es Ă©taient les suivantes :
« Je pense quâil est important, surtout parce que câest la vĂ©ritĂ©, de clarifier certaines choses avant de parler du Danemark :
1 - Jâai personnellement proposĂ© Ă Cristiano, sans aucun intermĂ©diaire, un plan pour sa saison avec lâĂ©quipe nationale. Nous avons eu une conversation longue et trĂšs positive.
2 - Je sais Ă quel point il vit et aime lâĂ©quipe nationale, ainsi que le poids quâelle reprĂ©sente dans le monde. Je connais encore davantage le poids et lâinfluence positive quâil a eus sur lâĂ©quipe nationale pendant 24 annĂ©es consĂ©cutives.
3 - Le plan que jâai proposĂ© Ă Cristiano a Ă©tĂ© acceptĂ©.
4 - Il nâa jamais remis en question mes choix. Il a toujours Ă©tĂ© exemplaire, loyal et professionnel.
5 - Le match contre la NorvĂšge ne faisait pas partie du plan que jâavais Ă©tabli pour lui. Cependant, je considĂ©rais quâil avait suffisamment bien rĂ©cupĂ©rĂ© physiquement aprĂšs le premier match et je lui ai indiquĂ© quâil pourrait ĂȘtre amenĂ© Ă jouer. Cristiano a acceptĂ©.
6 - Jâai commis lâerreur de faire sâĂ©chauffer un joueur du calibre de PelĂ© ou de Maradona pour finalement ne pas le faire entrer en jeu. Si je devais revivre cette situation aujourdâhui, je ne le referais pas.
En conclusion, je veux Cristiano en équipe nationale. Je le veux vraiment. Heureusement, il croit également en moi. Il croyait en Al Nassr et il a également cru en moi ici.
Concernant le fait de ne pas avoir saluĂ© les supporters, nous en avons dĂ©jĂ parlĂ©. Un joueur qui compte plus de 230 sĂ©lections en Ă©quipe nationale nâa pas besoin que je lui donne des leçons sur son amour du Portugal.
CâĂ©tait un moment de frustration qui nâefface absolument rien.
Câest le joueur qui signe le plus dâautographes, prend le plus de selfies et tĂ©moigne le plus dâaffection aux supporters.
Nâinventons pas des problĂšmes lĂ oĂč il nây en a pas. Lorsque nous ne sommes pas contents, nous rĂ©agissons. Câest tout. »
Aucun de ces messages ne mentionnait donc le fait que lâentraĂźneur sâĂ©tait excusĂ© auprĂšs de moi.
CâĂ©tait la deuxiĂšme fois que sa parole envers moi nâĂ©tait pas respectĂ©e.
Jâai alors dĂ©cidĂ© de quitter le stage, sans accepter de nouvelles promesses qui ne seraient pas tenues.
Pour moi, la vérité est fondamentale dans les relations humaines.
MĂȘme lorsquâelle est douloureuse, jâai besoin que lâon me dise la vĂ©ritĂ©.
Par ailleurs, lors dâune conversation que jâai eue avec le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration portugaise de football et le sĂ©lectionneur de lâĂ©quipe nationale le matin mĂȘme de cette confĂ©rence de presse â ce que vous pouvez certainement vĂ©rifier â, jâai de nouveau affirmĂ© que, sâils ne souhaitaient pas ma prĂ©sence, ils nâavaient quâĂ me le dire.
Il leur suffisait dâĂȘtre honnĂȘtes avec moi.
Jâaurais acceptĂ© leur dĂ©cision et je leur aurais promis que nous prĂ©parerions quelque chose de magnifique, un rĂȘve devenu rĂ©alitĂ©, et que personne ne sâen serait offusquĂ©.
Je me souviens de cette conversation comme si elle avait eu lieu hier.
Ils mâont rĂ©pondu Ă lâunisson : « Non. »
Ils mâont dit que ma place Ă©tait dans lâĂ©quipe nationale.
Jamais, au cours de mes presque 25 années de carriÚre, je ne me suis immiscé dans une décision technique ou tactique prise par un entraßneur ou un manager.
Jâaccepte, pour le meilleur comme pour le pire, les dĂ©cisions quâils prennent Ă mon sujet.
Je respecte leurs choix. Et lorsquâils ne respectent pas les engagements quâils ont eux-mĂȘmes pris, je considĂšre que cela les met en contradiction avec leurs propres responsabilitĂ©s.
Je dois Ă©galement prĂ©senter mes excuses Ă mes coĂ©quipiers de lâĂ©quipe nationale pour avoir quittĂ© le stage dâentraĂźnement.
MĂȘme si la parole du sĂ©lectionneur nâa pas Ă©tĂ© respectĂ©e, comme peuvent en tĂ©moigner tous ceux qui ont assistĂ© Ă nos conversations, je nâaurais pas dĂ» rĂ©agir de cette maniĂšre.
Jâen assume entiĂšrement la responsabilitĂ©.
Je présente une nouvelle fois mes excuses au peuple portugais.
Mais le fait que ce principe ait Ă©tĂ© enfreint mâa profondĂ©ment marquĂ©.
Jâai senti quâĂ partir de ce moment-lĂ , ma prĂ©sence ne ferait plus que nuire Ă lâĂ©quipe.
Jâai donc fait ce que jâavais toujours dit que je ferais si je ne me sentais plus utile : jâai fait mes valises et je suis parti.
Les consĂ©quences de mes actes doivent maintenant ĂȘtre Ă©valuĂ©es et sanctionnĂ©es par la FĂ©dĂ©ration.
Je comprends que la sanction ne doit pas tenir compte de circonstances atténuantes.
Je ne suis pas un joueur comme les autres. Je suis le capitaine de lâĂ©quipe, et cela constitue une circonstance aggravante.
Je me suis déjà excusé, mais je sais également que les actes doivent avoir des conséquences.
Tout joueur de football, moi y compris, sait que, quel que soit son statut, les rĂšgles doivent ĂȘtre les mĂȘmes pour tout le monde.
Ă ce sujet, jâai beaucoup entendu parler de matchs dâadieu, de la nĂ©cessitĂ© de me donner des adieux dignes et de la volontĂ© de la FĂ©dĂ©ration de mâoffrir cette possibilitĂ©.
Jâai appris dans la vie, souvent lorsque jâavais faim et que je nâavais rien Ă manger, que personne ne donne rien Ă personne.
Je peux nĂ©anmoins promettre Ă tous mes supporters, et en particulier aux supporters portugais, que nous jouerons un ou plusieurs matchs dâadieu.
Il y aura du temps pour cela.
Mais lorsque je pense Ă lâĂ©quipe nationale, je pense avant tout Ă la compĂ©tition.
Câest exactement Ă cela que jâai pensĂ© le jour oĂč jâai appris la mort de mon pĂšre.
Je mâentraĂźnais alors avec lâĂ©quipe nationale et jâai dĂ©cidĂ© de rester jusquâĂ la fin du match du lendemain.
Jâai fait pour mon pays quelque chose que je nâaurais jamais fait pour un club.
Ainsi, si je suis en pleine forme physique, que je joue pour mon club et que je marque des buts, aprĂšs avoir purgĂ© ma suspension, je serai disponible, comme je lâai toujours Ă©tĂ©, pour reprĂ©senter notre Ă©quipe nationale, concourir et gagner avec elle.
Croyez-moi : câest la pure vĂ©ritĂ©.
Cristiano Ronaldo
6 octobre 2026