Lagouira marocaine : l’accord de 1979 et la mission de Mohamed Boussetta… Pourquoi la Mauritanie ne peut-elle pas transformer un arrangement provisoire en fait accompli permanent ?
La question de Lagouira marocaine ne peut être réduite à une simple présence militaire ou à des considérations de sécurité liées à la proximité de Nouadhibou. Elle doit être examinée à la lumière de l’histoire, des engagements politiques et de la question fondamentale de la souveraineté.
L’accord de 1979 : un élément historique majeur
Le 10 août 1979, la Mauritanie a signé un accord de paix avec le mouvement séparatiste. Dans cet accord, elle a renoncé à toute revendication territoriale concernant le territoire en question. Cet engagement constitue un élément historique important pour comprendre l’évolution de la position mauritanienne dans le dossier du Sahara marocain.
Toutefois, pour établir précisément les conséquences de cet accord sur Lagouira, il convient de distinguer le contenu explicite du texte des interprétations historiques relatives au statut de cette zone.
La mission de Mohamed Boussetta : un arrangement ne vaut pas cession de souveraineté
Selon un récit publié par Médias24 le 19 octobre 2026, le roi Hassan II aurait dépêché son ministre des Affaires étrangères, Mohamed Boussetta, en Mauritanie après la conclusion de l’accord de paix de 1979. Une compréhension aurait alors permis de préserver le statu quo, notamment en tenant compte des impératifs de sécurité de Nouadhibou.
Si cette version historique mérite d’être prise en considération, il faut néanmoins distinguer un arrangement politique ou sécuritaire d’un acte juridique de cession de souveraineté. En l’absence d’un document bilatéral original et authentifié établissant une telle cession, la présence mauritanienne ne saurait, à elle seule, être présentée comme la preuve d’un transfert définitif de souveraineté.
La proximité géographique ne constitue pas un titre de souveraineté
La proximité de Lagouira avec Nouadhibou peut expliquer certaines considérations sécuritaires mauritaniennes. Elle ne suffit cependant pas à établir un droit de souveraineté. En droit international, la géographie, les impératifs de sécurité et la présence militaire ne se confondent pas automatiquement avec un titre territorial.
Il importe donc de ne pas transformer une situation héritée de circonstances historiques particulières en un principe juridique définitif, sans examiner les textes, les cartes frontalières et les éventuels accords applicables.
Le Maroc doit défendre ses droits sur la base des faits et des documents
L’accord frontalier maroco-mauritanien du 14 avril 1976 et l’accord de paix mauritanien du 10 août 1979 constituent des références historiques essentielles. Leur portée exacte doit être appréciée à partir de leurs textes et du contexte dans lequel ils ont été conclus.
La position marocaine doit être défendue avec fermeté, mais aussi avec rigueur documentaire : aucun statu quo, aucune présence militaire et aucun arrangement sécuritaire ne devraient être assimilés, sans preuve juridique précise, à une renonciation définitive à des droits territoriaux.
Lagouira marocaine ne doit pas devenir l’otage d’interprétations approximatives de l’histoire. La défense des intérêts du Maroc exige de rappeler les engagements passés, de documenter les faits et de distinguer clairement les réalités politiques des titres juridiques.
L’histoire ne peut être réécrite au gré des circonstances, et un arrangement provisoire ne saurait être présenté comme une cession définitive sans fondement documentaire incontestable.
🇲🇷 🇲🇦 URGENT | 47 ans plus tard, la ville marocaine de
#Lagouira, à la frontière avec la
#Mauritanie, pourrait devenir mauritanienne.
- Selon Jeune Afrique,
#Nouakchott veut faire reconnaître sa souveraineté territoriale sur Lagouira dans le contexte des négociations concernant le
#SaharaOccidental à l’
#ONU.
- En cas d’accord, des sources concordantes indiquent que Nouakchott renoncerait à sa position de
#neutralité sur la question du
#Sahara pour reconnaître officiellement la pleine souveraineté du
#Maroc sur l’ensemble du territoire, à l’exception de Lagouira.