🔴🔴🛰️ L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne a menacé publiquement les entreprises du continent de représailles "dévastatrices" si Bruxelles osait réserver une partie de son marché satellitaire à des opérateurs européens.
🗃️ Les faits
Dans un entretien au Financial Times, le 17 octobre 2026, Andrew Puzder (
@USAmbEU), ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE, s’en est pris violemment à un projet européen.
De quel projet s’agit-il ?
La Commission européenne a proposé en mai 2026 de réserver l’essentiel de la bande de fréquences satellitaires 2 GHz (celle qui permet à un satellite de se connecter directement à un téléphone ordinaire) à des opérateurs européens. Les licences actuelles, détenues par les américains
@viasat et
@EchoStar depuis 2009, expirent en 2027. Le plan diviserait la bande en trois blocs sur 20 ans : un pour les communications gouvernementales sécurisées (dont IRIS², la future constellation souveraine européenne), un pour les startups européennes, ne laissant aux américains, dont
@Starlink Mobile de SpaceX, qu’un seul bloc à se disputer.
Rien n’est encore voté. Ce n’est qu’une proposition, qui doit être négociée par le Parlement et les États membres. Mais Puzder n’a pas attendu le vote pour dégainer la menace et a prévenu que les entreprises européennes "devraient se méfier que cela puisse arriver, et ce serait très dévastateur", a-t-il déclaré.
Aucun détail sur la nature de ces représailles. Une menace brute, sans objet précis, adressée non pas à des gouvernements, mais directement aux entreprises d’un continent allié.
Un ambassadeur, par définition, est l’homme du dialogue. Il représente son pays, plaide sa cause, négocie. Ce qu’Andrew Puzder a fait, lui, c’est menacer. Non pas protester contre une loi, elle n’existe pas encore, mais prévenir un partenaire que s’il protège son propre marché, on le punira.
🔴 Comprenons bien ce qui se joue.
Un État souverain qui décide des règles d’accès à son propre territoire, c’est le fondement même de la souveraineté. L’Europe ne fait rien d’autre que ce que les États-Unis pratiquent depuis toujours sur leur sol : réserver des pans stratégiques de leur économie à leurs propres acteurs. Mais quand c’est l’Europe qui s’y essaie, Washington crie à l’agression et brandit la rétorsion.
C’est la grammaire d’une relation qui a changé de nature. Pendant quatre-vingts ans, l’Amérique fut l’alliée protectrice de l’Europe. Aujourd’hui, son ambassadeur parle à nos entreprises comme on parle à des récalcitrants avec la menace en guise d’argument.
L'administration Trump intime des ordres à un vassal, l'Europe, et promet le châtiment à qui refuserait d’obéir.
L’Europe découvre en ce moment le prix de sa dépendance et, pour ma part, je pense que notre avenir dépend de la capacité de l'Union Européenne à résister solidairement et souverainement à ces menaces inacceptables.