À propos des pillages du 17 octobre à Châtelet, voici mes observations, parfois évidentes (mais les médias niant l’évidence...) :
— ce n’étaient pas des manifestants, ni des émeutiers, ni des casseurs, mais précisément des pillards africains, leur but étant de s’emparer de marchandises et de prendre part à une razzia générale appelée "17/10/26" ;
— noirs aux deux tiers et arabes à un tiers environ, ce qui est une spécificité de Châtelet et ce qui correspond aux proportions des émeutes de Nahel ; la seule exception que j’ai vue en quatre heures de pillage a été trois semi-clochards opportunistes polonais qui ramassaient des paquets abandonnés au sol ;
— l’effet de masse était saisissant : ils étaient en nombre effrayant, de très grands groupes et des groupes plus petits, dans toutes les rues de Châtelet, vêtus de noir, la tête couverte de cagoules ou de capuches, hommes et femmes, petits et grands, gros et maigres, pas spécialement guerriers pour la plupart ;
— les mesures habituelles de rétablissement de l’ordre ne pouvaient pas empêcher une razzia d’une telle ampleur : les CRS ont fait ce qu’ils ont pu mais Châtelet a été un labyrinthe dans lequel les souris voleuses, volant de Franprix à Carhartt, couraient généralement plus vite que les chats CRS ;
— par conséquent je ne crois pas du tout au fait que l’on aurait laissé les pilleurs piller pour décrédibiliser le mouvement, les pilleurs étaient tout simplement beaucoup trop nombreux pour être contenus par des CRS fantassins, du moins à Châtelet ;
— aucun casseur d’extrême-gauche ni de blackblocs parmi eux (de temps en temps l’on en voyait un avec son masque à gaz, mais qui ne faisait que passer à bicyclette) ;
— les pillards procèdent par vagues : d’abord les jeunes les plus audacieux, qui empochent le plus possible de marchandise ; ensuite les femmes, qui se partagent le butin dans la rue ; ensuite les pillards-badauds, qui ramassent le surplus abandonné sur le trottoir ; puis les clochards, les ivrognes, etc., qui ramassent les derniers maillots de football dans le caniveau (j’ai pu observer le manège de très près pendant des heures) ;
— les pilleurs apportent les habits à des comparses (en général des femmes), qui cachent le butin sous une voiture ; quand les CRS chargent, ils détalent ; ils reviennent quelques minutes plus tard et recommencent ; au bout d’un moment tous s’échangent habits et sacs et chaussures et boîtes de téléphones, en général dans une bonne humeur inquiète ;
— le but est de récupérer le plus possible d’articles tout en se gardant d’être encombré, de manière à pouvoir détaler au premier CRS ;
— conséquemment l’on pouvait voir hier soir un grand nombre de pilleurs-badauds solitaires regarder systématiquement sous chaque voiture, cherchant à récupérer le butin des autres ;
— Les articles pillés sont d’abord les habits, en très grand nombre (Châtelet à l’heure où j’écris, mais La Madeleine aussi, est jonché de cintres), puis les chaussures, puis les petits articles de luxe (parfum), puis les téléphones ;
— le butin est transporté à la main, surtout par les femmes, qui parfois avançaient difficilement tant leur chargement était encombrant, mais parfois aussi, plus industriellement, dans des poubelles que l’on traîne, et bien sûr, j’imagine, mais je ne l’ai pas vu, dans des voitures ;
— entre les groupes de pillards l’on pouvait tomber de temps en temps sur des touristes, souvent américains, essayant de rejoindre leur hôtel (j’ai dû escorter un groupe de trois à Sainte-Opportune, très âgés ; ils avaient l’air d’être au-delà de la peur et de la sidération).
— une fois tous les magasins pillables pillés les pilleurs sont restés dans le quartier, cherchant à entrer là où ils le pouvaient ;
— lorsque la police a commencé à sérieusement intervenir à Châtelet, vers deux heures et demie du matin, les pilleurs ont fui comme ils l’ont pu et sont rentrés là où c’était possible, dans les immeubles, les cours, par les toits, souvent avec un certain affolement ;
— si bien que les pilleurs se sont retrouvés dans les cours d’immeuble ; certains se cachaient, d’autres en profitaient pour tenter de piller des appartements ; ils laissèrent beaucoup de butin dans les couloirs de l’immeuble (de grands cartons, des boîtes remplies de produits de beauté, etc.).
À ce train-là m’est avis que nous finirons par atteindre l’intensité de la Nuit de Cristal ou du 7-Octobre dans un nombre d’années très restreint.