Merci de dire les choses....
Je trouve profondĂ©ment Ă©trange, et mĂȘme rĂ©vĂ©lateur, que la gauche et une partie de sa clientĂšle immigrĂ©e reprochent aux autres immigrĂ©s de ne pas ĂȘtre des immigrationnistes forcenĂ©s.
Aimer la France, vouloir quâelle reste la France, et refuser dây importer ce que lâon a fui, ne constitue pas une trahison du pays d'origine. Mais une fidĂ©litĂ© Ă soi mĂȘme. Et un respect pour l'endroit ou on se trouve et les gens qui y vivent.
Câest exactement lâinverse qui est cohĂ©rent.
Quand on quitte un pays, surtout aujourdâhui, ce nâest normalement jamais pour y reconstituer Ă lâidentique les gens, la culture et les pratiques que lâon abandonne. On part souvent pour Ă©chapper Ă une atmosphĂšre : codes sociaux pesants, pression communautaire, police des mĆurs, mixitĂ© contrainte, libertĂ© des femmes rĂ©duite, parole surveillĂ©e. Quitter un pays Ă forte empreinte islamique pour lâOccident, câest, quâon le veuille ou non, fuir une certaine pesanteur de lâislam politique et social. Pas nĂ©cessairement "lâislam" comme foi privĂ©e, si tant est que ce soit possible, mais lâislam comme organisation de la vie collective.
Je suis nĂ© en France mais j'ai constatĂ© par moi mĂȘme, lors de mes sĂ©jours en AlgĂ©rie, lâarabisation forcĂ©e, le recul de la langue berbĂšre, lâinstrumentalisation de la religion par le pouvoir et par les islamistes. Beaucoup dâentre nous nâavons pas grandi ici pour retrouver les mĂȘmes sermons, les mĂȘmes diktats vestimentaires, les mĂȘmes interdits, la mĂȘme intimidation des "mauvais musulmans" ou des "Arabes de service".
Nous sommes Français. Nous tenons au pays dans lequel nous vivons, aux libertés individuelles et collectives, à la liberté de conscience, au droit de ne plus croire, de croire autrement, ou de simplement vivre sans rendre des comptes à une oumma ou je ne sais quelle entité fantasmée. Tous les gens lucides savent que permettre à l'islam de s'installer, c'est renoncer à tout cela.
Il est donc parfaitement cohĂ©rent quâun immigrĂ© qui a choisi lâOccident pour sa libertĂ© ne veuille pas ĂȘtre suivi, puis rattrapĂ©, par ceux-lĂ mĂȘmes dont il sâĂ©loignait. Ce nâest pas de la haine. Câest de la mĂ©moire. Câest du bon sens. Câest de la cohĂ©rence.
Ceux qui, une fois installĂ©s en France, dĂ©fendent lâislamisme, le communautarisme, le voile comme Ă©tendard, la prioritĂ© de la charia sur la loi, ou lâarrivĂ©e massive et incontrĂŽlĂ©e de populations qui reproduisent les mĂȘmes schĂ©mas, sont sortis de la logique. Ils transforment le pays dâaccueil en annexe du pays quâils ont quittĂ© ou dans lequel ils ne s'imagineraient vivre pour rien au monde. Ils trahissent Ă la fois ceux qui les ont reçus et ceux, parmi les leurs, qui Ă©taient venus prĂ©cisĂ©ment pour respirer.
On le voit chaque jour : des Français dâorigine maghrĂ©bine, souvent kabyles ou simplement laĂŻques, se font insulter de "harkis", dâ"Arabes de service", de "vendus" dĂšs quâils refusent le discours immigrationniste et islamiste. Des femmes se font traiter de mĂ©crĂ©antes pour un dĂ©colletĂ©. Des pĂšres voient leurs enfants se faire endoctriner.
Tous les sondages le confirment sans dĂ©tour : une part croissante des jeunes musulmans de France place les rĂšgles de lâislam au-dessus des lois Françaises. Ce nâest pas "lâintĂ©gration qui avance". Câest une rĂ©islamisation qui sâinstalle, souvent plus dure chez les gĂ©nĂ©rations nĂ©es ici que chez certains de leurs parents.
Des voix comme celles de Boualem Sansal et bien d'autres disent la mĂȘme chose depuis des annĂ©es : beaucoup fuient lâislamisme⊠puis le retrouvent, organisĂ©, financĂ©, militant, dans les quartiers europĂ©ens. Lâislamiste ne cherche pas Ă sâintĂ©grer. Il cherche Ă dominer lâespace quâon lui ouvre.
La France nâest pas un hĂŽtel (oui je sais pas pour Attali). Ce nâest pas non plus une terre de conquĂȘte. Câest une nation avec une histoire, une langue, des lois, une conception de la libertĂ© qui nâest pas nĂ©gociable. Un patriote dâorigine kabyle nâa aucune leçon Ă recevoir de ceux qui, aprĂšs avoir quittĂ© un pays (ou refusent d'aller y vivre) pour des raisons qu'ils refusent de s'avouer, veulent y recrĂ©er ici les mĂȘmes rapports de force.
Donc un immigrĂ© cohĂ©rent, ou le descendant dâimmigrĂ©s cohĂ©rent, est forcĂ©ment attentif Ă ce que ce quâil a quittĂ© ne le suive pas. Il ne peut pas vouloir la libertĂ© et, en mĂȘme temps, lâimportation continue de ce qui il a fui. Cette cohĂ©rence passe par un contrĂŽle drastique de lâimmigration venue du monde musulman et une dĂ©nonciation sans ambiguĂŻtĂ© de l'activisme islamiste.
Sans cela, le refuge devient le dĂ©cor du problĂšme. Ceux qui aiment vraiment ce pays le dĂ©fendent. Y compris contre la reproduction, sur son sol, de ce quâils ont fui.
Ătre un immigrĂ© maghrĂ©bin en Occident et immigrationniste n'est pas logique. Sauf Ă ĂȘtre soi mĂȘme un soldat de la conquĂȘte islamique de l'Occident.