#Limoges Si l’État ne paie pas, je démissionne », dit le maire.
D’abord, je veux dire ma solidarité avec le maire de Limoges et à ses adjoints et avec tous les élus victimes de ces violences.
Voir la maison commune, une mairie, attaquée et partiellement détruite est un drame.
Comme élue locale, comme ancienne ministre de l’Aide aux victimes et de la Ville, je sais ce que cela représente.
Mais attention à cette petite musique qui monte : le chantage à la démission des maires au moment même où il y a le feu au lac.
Oui, la solidarité nationale doit jouer. Mais enfin : l’État, c’est nous. Son argent est celui des Français. Sa dette sera celle de nos enfants.
Un maire doit défendre sa ville. Mais il est aussi un élu de la République. On ne peut pas réclamer davantage d’autorité à l’État et, lorsque survient la crise, lui dire : « Vous payez, sinon je pars. »
Il n’y a pas d’un côté les collectivités et de l’autre l’État. Il y a la France.
Et dans la tempête politique, budgétaire et démocratique que nous traversons, nous avons besoin de nous serrer les coudes, pas de menacer de quitter le navire lorsqu’il prend l’eau.
Nous devons être unis pour faire barrage aux extrêmes. Unis pour sanctionner les casseurs et démanteler les réseaux mafieux qui peuvent se cacher derrière eux. Unis aussi pour ne jamais confondre les voyous et les pilleurs avec une jeunesse inquiète, qui cherche une boussole et un sens.
Cette boussole, c’est la République.
Et la République commence par la responsabilité de ceux qui ont la charge de la servir : les adultes, les décideurs, les élus, les maires.
J’ai été ministre de la Ville. Je suis élue locale. Je connais les deux côtés de la table. Dans les moments difficiles, la République n’a pas besoin d’ultimatums. Elle a besoin que chacun soit à son poste.
C’est unis, et responsables, que nous la défendrons.