Pedro Sanchez devant l'ONU s'en prend à Trump et Netanyahou. Extrait:
"Nous connaissons leur mode opératoire dont le premier pilier est l’égoïsme:la conviction absurde que le monde est un jeu à somme nulle,dans lequel le gain de l’un implique nécessairement la perte de l’autre.
Le deuxième est l’ignorance:car on méprise les preuves scientifiques et on tient pour acquis qu’il existe des pays si puissants qu’ils peuvent abuser des autres et n’ont besoin de personne pour prospérer.
Et le troisième,le pire de tous à mon sens,c’est la cruauté.Une cruauté qui ne bronche plus devant les côtes d’un enfant affamé ou un hôpital réduit en ruines.
Au cours de ces huit dernières années,j’ai vu ces forces égoïstes, ignorantes et cruelles prendre de l’ampleur. J’ai vu comment elles se sont démasquées et ont pris le pouvoir en de nombreux endroits,je les ai vues déclencher des guerres illégales, massacrer des civils innocents.
Je les ai vues traiter des millions d’êtres humains comme du bétail et retirer leur aide à ceux qui souffrent le plus de la pauvreté et de la maladie.
Je les ai vues polluer l’atmosphère et même l’océan, comme si ceux-ci leur appartenaient. Et conspirer pour détruire cette organisation et tout ce qu’elle représente. Je dis tout cela parce qu’être témoin de ces événements a transformé ma façon de comprendre le monde.
Mais cela ne m’a pas fait perdre espoir. Car au cours de ces huit dernières années,j’ai également vu des choses merveilleuses qui me permettent de continuer à avoir confiance en l’humanité.
J’ai vu,par exemple,des millions de personnes se mobiliser pour défendre la nature,la paix et les droits civils.
J’ai vu des milliers de militants et de fonctionnaires s’opposer aux pouvoirs des élites,tout en sachant qu’ils mettaient en péril leur carrière,voire leur vie.
J’ai vu des scientifiques atteindre des objectifs que nous croyions impossibles et de nombreux gouvernements faire ce qu’il fallait : miser sur la coopération,la justice sociale et la durabilité environnementale.
Certes,j’ai moi-même signalé à plusieurs reprises les contradictions et les lacunes de cette organisation. Mais c’est avec la même conviction que je dois dénoncer le fait que la plupart des voix qui s’obstinent aujourd’hui à critiquer le système des Nations unies ne décrivent pas ses échecs : elles cherchent à provoquer son échec.
Au cours des huit dernières années,mon pays s’est opposé à toutes les guerres d’agression,où qu’elles aient éclaté.
Nous avons refusé de porter nos dépenses militaires à 5 % du produit intérieur brut.
Et nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour contrer les pressions contraires à la Charte des Nations unies : en sanctionnant les agresseurs russes, en imposant un embargo sur les armes au gouvernement de Netanyahou en Israël, en empêchant que notre territoire ne soit utilisé pour déployer une coalition contraire au droit international et en condamnant sans ambiguïté le génocide que Netanyahou continue de perpétrer à Gaza.
Et les forces réactionnaires qui veulent détruire cet ordre multilatéral ne cessent de nous attaquer pour cette raison. Elles veulent que nous oublions,elles veulent que nous finissions par croire que les Objectifs de développement durable soient des causes perdues,que défendre le bien commun soit naïf,que coopérer soit un signe de faiblesse.
Eh bien,je suis ici, je monte à cette tribune pour leur dire haut et fort qu’ils ont tort et que nous ne nous tairons pas.Que nous, les Espagnols,ne reculerons pas d’un pas. Que nous ne cesserons pas de croire que l’humanité peut continuer à progresser et que,tous et toutes ensemble,nous pouvons construire un monde meilleur.
Et nous le ferons parce que nous devons répondre à nos fils et à nos filles,à leurs rêves.
Parce que nous savons que dans quelques années, ces générations futures regarderont en arrière, étudieront cette décennie décisive de l’histoire des Nations unies et nous demanderont quel rôle chacun d’entre nous a joué ?"