Hello
@KRL_STREAM ou encore
@Ozstrik3r
On pourrait comprendre le silence des grosses têtes de CS sur les questions politiques et inclusives par peur qu'une prise de position les enferme immédiatement dans un camp
Mais cette neutralité là faites au moins l'effort de la tenir jusqu'au bout publiquement. On ne peut pas se draper dans la neutralité et du jour au lendemain cracher au visage d'une scène marginalisée avec des discours misogynes masculinistes ou transphobes en leur reprochant de ne pas être assez déterminées ou motivées
La scène féminine de CS n'a jusqu'à présent dépendu que d'un seul acteur qui n'est qu'une simple entreprise avec ESL Impact. Elle n'a pas manqué d'investissement parce qu'elle manquait de volonté. Elle a manqué d'investissement parce que personne n'a voulu investir
Critiquer des joueuses en disant qu'elles ne montrent pas assez de motivation ou n'ont pas assez prouvé c'est renverser la responsabilité. C'est présumer par défaut que les personnes marginalisées ne se motivent que par intérêt ou favoritisme à l'heure actuelle
Le problème dépasse quelques figures publiques. C'est toute une économie capitaliste et libérale, façonnée par une culture patriarcale qui hait la femme mais aussi certains hommes, qui structure aujourd'hui Counter-Strike et qui arrange très bien ceux qui en tiennent les rênes et ceux que ce système favorise
Le résultat : un sous-développement, un sous-financement, et des scènes marginalisées régulièrement sommées de justifier leur propre existence
Ce système ne représente en rien l'amour que beaucoup portent à ce jeu. Il représente une poignée d'intérêts qui ont su se faire une place en misant sur le non-engagement ou pire sur des positions ouvertement excluantes
Et pendant ce temps celles et ceux qui portent un véritable amour pour Counter-Strike, joueuses, joueurs, scènes émergentes, doivent choisir entre se plier au système ou tenter de construire autre chose, quitte à ne jamais atteindre le sommet tel qu'il est défini aujourd'hui
Je n'en veux pas aux connaissances qui ont dû faire des concessions pour tenter d'exister dans ce milieu. Joueuses obligées de ne pas trop s'engager pour ne pas se fermer de portes, amis et amies qui composent avec un écosystème qu'iels n'ont pas choisi. Ce n'est pas ridicule de vouloir mener ce combat dans le sport ou l'e-sport même si ceux qui ont le luxe de ne pas en souffrir le jugent hors sujet
Mais il y a un moment où accepter un système qui "fonctionne" malgré notre cœur et nos convictions ne suffit plus. Il faut le dire. Il faut critiquer publiquement et pourquoi pas essayer de changer les choses même si cela signifie se mettre à dos des bouffons
Aujourd'hui encore être antifasciste, dénoncer le patriarcat ou des idéologies discriminatoires ça se fait traiter de "faire du bruit pour rien" ou "n'avoir rien à faire dans le jeu vidéo". C'est une facilité qu'on ne peut se permettre que quand le système ne pèse pas sur soi. Pour toutes les personnes marginalisées, pour nos sœurs et nos futures sœurs dans cette scène, un système aussi verrouillé peut juste ruiner des rêves et étouffer des vocations avant même qu'elles se réalisent
Le visage actuel du subtop et des figures publiques de CS bloque, plus qu'il ne le porte, le progressisme dont ce jeu aurait besoin pour devenir ce qu'il pourrait être : une des plus belles passions collectives pour vraiment tout le monde
Cet appel s'adresse aussi à celles et ceux qui dans cette sphère (streamers, streameuses, joueurs, joueuses, médias, casteurs, casteuses, modérateurs, modératrices, et j'en passe) n'ont jamais osé prendre position
Vous avez une visibilité, vous avez un pouvoir collectif. Celui de renverser des dynamiques d'exclusion. Ça implique de se mettre du monde à dos, parce que l'esport historiquement s'est construit entre masculinisme et d'autres logiques d'exclusion qu'il est temps de déconstruire
Bref voilà. Jin Jiyan Azadî / Femme Vie Liberté, comme on dit chez nous <3