Il est 20h. Les enfants sont couchés.
Vous êtes tranquillement devant la télé avec votre femme.
Soudain, des cris éclatent dans la rue. Des coups, des vitres qui explosent. Des dizaines d’émeutiers vêtus de noir s’en prennent à votre immeuble. Ils tentent de forcer la porte, saccagent le hall, arrachent les boîtes aux lettres.
Vos enfants se réveillent en hurlant. Votre femme panique.
Vous appelez la police.
« Tous nos agents sont occupés, veuillez patienter. »
Puis la communication coupe.
Vous jetez un œil par la fenêtre. En bas, ils viennent de mettre le feu aux poubelles. Les flammes lèchent déjà la façade. La fumée commence à entrer dans l’appartement.
Soudain, un grand fracas.
La porte de l’immeuble vient de céder.
Des hurlements montent dans l’escalier.
« On va vous tuer ! Ouvrez cette putain de porte ! »
Ils sont sur votre palier.
Vous n’osez même pas regarder par l’œil de bœuf.
Que faire ?
Sortir ? Fuir ? Impossible. Ils sont dans l’escalier.
Sauter par la fenêtre ? Vous êtes au quatrième étage.
Se défendre ? Avec quoi ?
Vous n’avez jamais pensé avoir besoin de vous défendre chez vous. Vous avez toujours fait confiance à l’État. Les armes, ce n’est pas votre truc.
Vous avez travaillé toute votre vie, payé vos impôts, respecté les lois.
Et maintenant, vous voilà coincé dans votre propre appartement, avec vos enfants en pleurs et votre femme qui vous demande ce qu’on va faire.
Derrière la porte, les pas se rapprochent.
Cette fois, ce n’est pas une vidéo d’émeutes que vous regardez à la télévision. C’est chez vous que ça se passe.
Et personne ne viendra vous protéger.