Être à la tête d’un parti, c’est disposer de moyens considérables, financés par les adhérents et, pour partie, par le contribuable.
Prenons, tout à fait au hasard, le " RN ", un jeudi après-midi pluvieux.
Bardella est seul dans son bureau. Il vient d’arriver après un déjeuner copieux avec quelques journalistes du JDD.
Après une demi-heure de sudoku, le temps d’amorcer une lente digestion, il appuie sur l’interphone.
- Albert, le trésorier ? Tu peux me prendre deux billets pour Nice vendredi ? Je vais voir mon pote Ciotti et j’en profiterai pour passer le week-end à Monaco avec ma princesse. Retour lundi après-midi.
Deuxième appel.
- Judith ? Salut Juju. Tu peux m’avoir Praud chez CNEWS ? Dès que tu l’as, passe-le-moi.
Quelques minutes plus tard :
- Allô, Pascalou, comment vas-tu ? J’aurais besoin de passer à l’antenne pour faire la promo de mon bouquin qui sort la semaine prochaine.
- Mercredi, ça te va ?
- Plutôt jeudi. Le mercredi soir, je joue au padel.
- Parfait. Viens un peu en avance, on se fera une bouffe.
Voilà une semaine ordinaire dans la vie imaginaire d’un grand parti politique : des billets de train, des déjeuners, un plateau télé, un livre à vendre et une partie de padel à ne surtout pas manquer.
Pendant ce temps, les adhérents collent des affiches, paient leur cotisation et s’imaginent qu’on est en train de changer leur monde et leur quotidien.