Je suis favorable à l'anonymisation de l'établissement d'origine dans les dossiers
#Parcoursup. Mais celle-ci ne peut avoir de sens et de vertu qu'à la condition que nous puissions recruter nos étudiants en nous appuyant sur des notes de bac réellement significatives, c'est-à-dire issues d'un examen national, suivant des critères standardisés.
Bref, un baccalauréat vraiment républicain.
L'ennui, c'est que ce bac n'existe plus. Rappelons qu’une grande partie des épreuves nationales du baccalauréat ont lieu APRÈS les procédures Parcoursup : les élèves passent donc la plupart de ces épreuves alors que celles-ci ne peuvent plus peser sur leur sélection dans le supérieur...
Par ailleurs, la note finale du bac repose en grande partie sur la moyenne de contrôle continu, dont les critères de notation varient en fonction de chaque enseignant et de chaque établissement : certains lycées d’excellence noteront très durement leurs élèves, même bons, quand des lycées moyens voire médiocres noteront des élèves faibles de façon nettement plus indulgente. Comment, dès lors, départager équitablement leurs dossiers, à moyenne égale ?
La proposition du gouvernement risque ainsi de multiplier les erreurs de recrutement dans les filières sélectives, ce qui précipite, à terme, leur dégringolade. Admettre dans ces parcours un élève qui n'a pas le niveau, faute de critères fiables d'interprétation de son bulletin, c'est le condamner à un échec assuré après avoir privé un autre élève d'un parcours qui était pourtant taillé pour lui. C'est enfin et surtout dévaluer à terme la valeur de ces formations. À moins qu'elles ne mettent en place leur propre concours de recrutement, qui risque de favoriser les établissements d'excellence, qui prépareront toujours mieux leurs élèves à ce type de concours d'entrée. Où est la justice ?
Nous continuons ainsi, par démagogie, à saborder nos filières d'excellence, faute d'avoir le courage de parler en vérité à notre jeunesse, et faute d'avoir su réformer l'école primaire pour redonner à chaque élève la possibilité d'une réelle émancipation par le savoir.
À quand les vraies réformes ?
#lycee