On n'a pas à choisir entre voir la mobilisation digne, ou la casse des bâtiments historiques et le pillage des commerçants. Il faut voir les deux, et traiter les deux politiquement.
À la mobilisation digne et populaire, il fallait céder parce que l'argent est trop allé aux personnes âgées et pas assez aux jeunes. C'est ça le fond de l'air. C'est l'avenir qui réclame des comptes.
Et à la délinquance, il faudra opposer une justice qui cesse sa dérive de casse de l'échelle des peines. Il faut un grand audit de notre justice parce que l'impunité est sous nos yeux, en direct sur tiktok. Le plaisir sadique égocentrique de l'agression d'un commerçant est plus fort que la peur de la peine. La société ne tient que parce que l'État est plus fort que le prédateur. Là elle ne tient pas.
Vous savez comment l'empire romain est tombé ? Il n'y a pas eu de révolution. Il y a eu une succession de petits renoncements, décidés par des bureaucrates agés et blasés, face à une tâche trop grande pour eux. On y est.
Ça fait deux semaines que le gouvernement a déjà arbitré en faveur d'une révision du budget proposé, mais ils ont choisi d'attendre avant de l'annoncer. Ce choix politique, de Macron, a été fait parce que soit il est mal conseillé, soit il n'est plus conseillé du tout. En s'entourant de personnes qui ont aussi peu de sens politique que Lecornu et Geffray, quelque part, Macron a choisi de toute façon de ne pas être bien conseillé. Des gens austères, éloignés des gens et des jeunes, sans véritable parcours de service. Ils exposent la société à leur refus de la diriger. Depuis le château, loin de la vie de ceux qui craignent leur avenir, que ce soit le maire sans toit, le lycéen dans prof, ou la fleuriste sans mur.
Macron a choisi le pourrissement, comptant sur le dégoût pour décrédibiliser les lycéens. Il a eu ça, fois cent. Les images d'hier sont allées au-delà de l'envisageable. Ça crée des précédents. On ne joue pas avec les gens comme ça, en faisant attendre encore et encore. Il y a des situations d'urgence et il y répond comme si nous n'étions pas à l'époque d'internet. Une journée de 2026, c'est un mois des années 1960. Où est le pouvoir ?