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Vu de Suisse, la création du nouvel Observatoire français de la désinformation en santé retient mon attention.
Comme médecin, je salue volontiers l’initiative. Le problème est réel, documenté et ses conséquences sanitaires sont réelles et coûteuses financièrement mais aussi humainement.
Mais en découvrant les moyens annoncés, je me suis demandé si je n’avais pas manqué une page.
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Le 18 avril 2025, alors ministre de la Santé, j’avais réuni au ministère des scientifiques, des médecins et des journalistes autour d’une conviction : la désinformation en santé n’est pas une opinion parmi d’autres, mais un risque sanitaire à part entière. Pour donner une suite concrète à ce colloque, j’avais confié une mission a trois experts.
Leur rapport, remis en janvier dernier, recommandait notamment la création d’un observatoire.
Je me réjouis que cet observatoire voie aujourd’hui le jour car il prolonge le travail engagé il y a dix-huit mois.
Un observatoire ne vaudra toutefois que par les moyens qu’on lui donnera.
Près de quatre Français sur dix déclarent croiser une fausse information de santé chaque mois, et un sur trois a déjà modifié son comportement à cause d’elle. Derrière ces chiffres, il y a des vaccins refusés, des traitements interrompus et des dépistages repoussés, dont la facture se paie ensuite en hospitalisations, en pertes de chance et en dépenses pour l’Assurance maladie.
Ce combat exige donc un financement réel et pérenne, une gouvernance indépendante et une protection effective des soignants et des chercheurs que l’on cherche à faire taire lorsqu’ils prennent la parole.
Je resterai particulièrement vigilant sur les moyens qui seront alloués à cet observatoire et sur sa capacité à agir, afin qu’il ne reste pas une simple structure de veille mais devienne un véritable outil de santé publique.