J'ai parcouru rapidement la presse étrangère sur nos émeutes (en anglais). C'est comme chez nous mais sans filtre, avec deux grilles de lecture seulement.
D'un côté, une jeunesse martyre qui hurle sa détresse sociale à la face d'un État cruel (l'explication majoritaire), de l'autre, des « migrants », des brigades pro-palestiniennes, une guerre raciale, etc. Que ce puissent être simplement des racailles françaises nées en France, passées par l'école publique, déculturées, désocialisées, sans la moindre revendication ni d'autre horizon que la bande et le territoire, leur paraît proprement inconcevable. Ils cherchent un militant, une victime ou un djihadiste. Ils tombent sur une racaille et n'ont pas vraiment de case pour la ranger. C'est un concept français intraduisible, comme le terroir ou les RTT. Cramer son propre pays parce que c'est marrant, en story Snapchat, dopé par la certitude absolue qu'il ne se passera jamais rien, ça dépasse totalement leur entendement.