Emmanuel Macron est allé chercher au Koweït le pétrole qu’il a interdit de chercher en France…
Un État qui ferme son propre sous-sol se condamne à quémander celui des autres, et à le faire en pleine crise.
Dimanche soir, dans son allocution, le président a annoncé qu’il poursuivrait « dès demain matin » ses initiatives pour « garantir notre carburant, notre gaz », « en allant dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements ». Jusqu’à mercredi, il enchaîne le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar. En France, près d’une station-service sur cinq manquait ce lundi d’au moins un carburant, et le gazole dépassait 2,35 € le litre.
Or c’est lui qui a promulgué, le 30 décembre 2017, la loi Hulot « mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures », au nom de l’accord de Paris. Depuis, l’État n’accorde plus aucun nouveau permis de recherche de pétrole ou de gaz, à terre comme en mer, et aucune concession ne pourra être prolongée au-delà de 2040.
Le climat, lui, ne fera sans doute pas la différence entre un baril de Seine-et-Marne et un baril du Koweït.
Certes, nos gisements actuels ne couvrent qu’environ 1 % de notre consommation, et la flambée des prix vient d’abord du blocus du détroit d’Ormuz. Mais tant que cette loi tiendra, personne ne saura ce que contient le reste du sous-sol, puisqu’il est interdit d’aller voir. Le ministère de la Transition écologique recense pourtant plus de 70 000 km² de bassins « propices aux recherches d’hydrocarbures » à terre, et plus de 200 000 km² en mer. En juin, l’Assemblée a encore refusé de lever l’interdiction, même pour les seuls territoires d’outre-mer.
Rien ne justifie que l’État interdise de chercher. Que des entreprises prospectent à leurs frais et à leurs risques, qu’elles produisent si elles trouvent, et le pays y gagnera de l’activité, des emplois et un peu moins de dépendance.
Le pétrole qui dort peut-être sous nos pieds restera donc où il est. Celui du Koweït, en revanche, est attendu avec la plus grande impatience…