đŽ Louisa Yousfi : "Les Blancs ne sont pas rattachĂ©s Ă l'humanitĂ©"
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@LouYou62 suit une trajectoire dâascension rĂ©publicaine : classe prĂ©paratoire littĂ©raire Ă Lille, Ă©tudes de philosophie Ă Nice, formation en journalisme Ă Bordeaux, puis pensionnaire de la
@VillaMedicis (câest
@NicolasQuiPaie). Cette facilitation de lâascension sociale par les institutions du pays honni torture son ĂȘtre intimement. PhĂ©nomĂšne qui la pousse Ă embrasser lâislam politique, ou plus exactement ce que cette Ă©cole appelle une "barbarie intime" : non pas la foi comme mystĂšre, mais la race comme destin et la France comme crime originel.
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Elle écrit pour le magazine
@SH_mag, tout en devenant, dĂšs 2017, rĂ©dactrice en chef de lâĂ©mission Paroles dâhonneur, organe de propagande du parti du
@PartiIndigenes fondé par
@HB__officiel. Louisa Yousfi est sans nul doute la seule véritable plume de cette école de pensée antifrançaise. Les autres vocifÚrent ; elle, elle compose.
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Rester barbare (
@LaFabrique, 2022) est un petit livre tendu, qui frappe. Elle y pille Kateb Yacine avec un flair certain : "Il faut que je garde une espĂšce de barbarie, il faut que je reste barbare." De cette phrase dâun poĂšte dĂ©chirĂ©, elle fait un programme. Plus loin, elle formule : "Avoir des choses Ă dire, câest tout sauf converser. Car câest toujours par effraction que le barbare surgit dans la conversation [âŠ] plus exactement, en attentat." Il y a lĂ du style. Une syntaxe nette. Un goĂ»t de lâimage.
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Yousfi a cette luciditĂ© rare de sâaccuser elle-mĂȘme, et câest le plus beau passage de son livre : "Jâai Ă©crit ce livre parce que jâai Ă©chouĂ©. Je ne suis pas restĂ©e barbare. Je suis une bonne Ă©lĂšve de la RĂ©publique, une bonne indigĂšne aux cheveux lissĂ©s et Ă la langue domestiquĂ©e." Tout est dit. Le reste nâest qu'ornementation idĂ©ologique de cet Ă©chec. La RĂ©publique lâa formĂ©e, nourrie, distinguĂ©e, pensionnĂ©e Ă Rome ; elle lui rend la monnaie en racialisant le pays qui lui a donnĂ© la langue dans laquelle elle brille. Elle parle français comme on manie une arme prise Ă lâennemi, et lâarme est belle, câest vrai. Seulement lâennemi, ici, nâest pas un empire lointain : câest le voisin, le "Blanc".
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Elle se rĂ©clame dâHouria Bouteldja avec une reconnaissance quasi religieuse : sans le PIR, dit-elle, elle eĂ»t Ă©crit "de la soupe intĂ©grationniste, confuse et misĂ©rable". Traduction : sans cette doctrine, elle eĂ»t peut-ĂȘtre Ă©crit en Française. On lui a enseignĂ© que lâuniversel est un piĂšge, que lâintĂ©gration est une domestication, que les Blancs ont cette particularitĂ© dâĂȘtre "convaincus quâils ne sont pas blancs". Le monde se coupe alors en essences : Noirs, Arabes, Blancs. Lâantiracisme devient une ontologie des peaux. On appelle cela "dĂ©colonial".
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Un moraliste y eĂ»t reconnu le racisme, et dâautant plus confortable quâil se paie en subventions, en rĂ©sidences et en Ă©loges de la gauche littĂ©raire. VoilĂ le nĆud. La "barbare" nâhabite pas la friche. Elle habite les institutions. Elle nâest pas Kateb Yacine sous le soleil dâAlgĂ©rie ; elle est un produit achevĂ© de lâĂ©cole mĂ©ritocratique, rĂ©dactrice dâun mĂ©dia identitaire, puis hĂŽtesse de la Villa MĂ©dicis oĂč lâĂtat français, avec cette masochiste Ă©lĂ©gance qui nâappartient quâĂ lui, finance le rĂ©cit de sa propre souillure.
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Vendre sa rancune au poids dâor des bourses publiques. Yousfi transforme une blessure en mĂ©taphysique de la race. Elle refuse lâassimilation comme un devoir de sĂ©paration, ce qui est une thĂ©ologie. "On avait jusque-lĂ le choix entre lâintĂ©gration ou la radicalisation", dit-elle. Elle a choisi une troisiĂšme voie, plus habile : la radicalisation littĂ©raire, honorĂ©e par la nomenklatura. Câest pourquoi elle est prĂ©cieuse Ă regarder. Comme un symptĂŽme accompli. La France fabrique ses accusateurs avec un soin dâorfĂšvre, puis sâĂ©tonne quâils aient du style. Louisa Yousfi a du style. Elle nâa pas, en revanche, cette chose sans laquelle le style nâest quâune parure : la justice du regard. Elle voit des Blancs partout, des barbares partout, un Empire partout, exceptĂ© dans le miroir de la pensionnaire qui, Ă Rome, Ă©crit contre le pays dont les impĂŽts lui tiennent la plume.
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@Global_Sud,
@ParolesDHonneur & C'est Réel