#Poutine a compris que l’🇪🇺 était devenue une «non-puissance». Il s’essuie les pieds chaque jour sur un nouveau pays de l’UE. Il est désormais démontré qu’il combine des opérations d’influence via les milieux souverainistes et de droite, et des actions de sabotage via des réseaux criminels et d’extrême gauche.
L’objectif semble être d’arriver à la table des négociations, après les élections législatives russes de septembre, en position de force. Montrer qu’il est capable d’agir partout en Europe, à tous les niveaux, et que les opérations menées jusqu’ici n’étaient que des tests destinés à identifier nos vulnérabilités et nos délais de réaction. Désormais, tous nos gouvernements ont compris, et en particulier les Français,🇫🇷 les Italiens🇮🇹 et les Polonais🇵🇱, qui ont des élections importantes en 2027, qu’il peut à tout moment intensifier la pression sur des sociétés déjà traversées par une forte défiance politique.
En cas d’échec des négociations, Moscou gagne quand même. Elle pourra ensuite intensifier les opérations visant les capacités européennes de soutien à l’Ukraine : sabotage logistique, attaques contre les infrastructures de transport et les chaînes industrielles, cyberattaques ou opérations clandestines. L’objectif serait double : réduire notre capacité à soutenir l’Ukraine et affaiblir progressivement le soutien politique à cette aide.
Le problème est que l’Europe et les États-Unis ne donnent pas l’impression de disposer d’une réponse pleinement coordonnée. La Pologne, directement exposée, affiche une volonté de réaction beaucoup plus ferme, tandis que d’autres États restent davantage dans une logique de réponse au cas par cas.
Le risque est celui d’une escalade non maîtrisée : si la Pologne se retrouvait face à une intensification des opérations russes qui tourneraient mal, notamment avec des victimes civiles, la pression populaire pour une réponse directe augmenterait considérablement sur Varsovie. Une guerre mondiale ne peut être exclue dans ce cadre.
C’est précisément pourquoi il faut, à mon sens, agir avant que le seuil d’escalade ne soit franchi : renforcer collectivement la dissuasion, améliorer le renseignement et la protection des infrastructures, coordonner les réponses européennes et tarir les réseaux financiers et opérationnels utilisés par Moscou TOUT DE SUITE.
Parmi les mesures envisageables : renforcer la surveillance aérienne et la défense du flanc oriental, qui devrait, en mesure de rétorsion, s’étendre jusqu’à 50 km à l’intérieur des frontières ukrainiennes ; accroître la pression sur les réseaux diplomatiques russes en expulsant toute personne non indispensable (attachés, personnels culturels, de défense, bibliothécaires, personnels de formation, d’éducation, etc.) ; et mettre en place une task force financière européenne chargée d’identifier les flux liés aux opérations d’influence, de sabotage et de recrutement.
L’enjeu n’est donc plus seulement de répondre aux opérations russes lorsqu’elles se produisent, mais de faire comprendre à Moscou que chaque nouvelle étape de la guerre hybride entraînera une réponse européenne coordonnée et forte. Qu’elle a plus à perdre qu’à gagner en continuant l’escalade.