🔴🫵🏻 Youssef, un étudiant tunisien de 20 ans, est placé en détention provisoire pour avoir jeté des CACATOVS : ballons remplis d’excréments sur les forces de l’ordre.
Youssef, étudiant tunisien de 20 ans, comparaît devant la 23e chambre correctionnelle pour avoir jeté des projectiles, dont des « cacatovs », sur des CRS lors des manifestations du 17 octobre. Il reconnaît les faits, s’excuse, et se retrouve placé en détention provisoire le soir même.
Dans le box, le jeune homme apparaît confus. Une juge assesseur s’étonne : comment un étudiant étranger, présent en France depuis seulement un an, en vient-il à participer à ces manifestations ? Youssef répond qu’il a subi les effets négatifs de certaines réformes universitaires et qu’il est descendu dans la rue par solidarité.
Selon les éléments du dossier et les articles de presse (notamment Basta!), il prépare un BTS dans le bâtiment à Paris, présente d’excellents résultats, travaille le soir comme livreur pour gagner son indépendance financière, et rêve de devenir ingénieur. Son casier est vierge. Il explique avoir été « happé par la foule » et affirme n’avoir pas voulu blesser ou casser, tout en reconnaissant les jets de projectiles.
Parmi ceux-ci figuraient des ballons gorgés d’excréments, le fameux « cacatov » – une pratique déjà observée sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, pendant les Gilets jaunes, et récemment à nouveau à Lyon lors de mobilisations lycéennes. L’objectif, selon les descriptions habituelles, est d’humilier les forces de l’ordre plus que de les blesser physiquement, même si le verre des contenants peut représenter un danger.
Son titre de séjour expire ce 21 octobre. Lorsque le procureur, invoquant un risque de fuite vers la Tunisie, requiert le placement en détention provisoire, Youssef fond en larmes. Un bref sourire de fierté traverse son visage baigné de larmes lorsque son avocat évoque ses résultats scolaires excellents et plaide : « Sa place n’est pas dans une maison d’arrêt, sa place est sur les bancs de l’école. » Youssef prononce alors des excuses pour sa famille, qu’il dit avoir déçue, et ajoute : « Quand j’ai vu les vidéos même moi je ne me suis pas reconnu. » La réponse tombe, un peu sèche : « Vous parlez au sens figuré, j’espère ? »
Comme cinq des six autres prévenus jugés ce jour-là pour des faits liés aux manifestations, il est finalement placé en détention provisoire et dormira en prison ce soir.
Et c’est très bien comme ça. La fermeté est la seule réponse. 👊🏻