Le ministre des Cultes Laurent Nunez va à la Grande Mosquée, s’assoit à l’iftar, prononce un discours, sourit aux ambassadeurs, et tout ça c’est du « dialogue », du « vivre-ensemble », de la « reconnaissance de l’État ».
Mais dès qu’il s’agit de la messe du pape place de la Concorde, soudain la laïcité se réveille comme un vieux chien de garde. Neutralité, république. On ne franchit aucune ligne. On n’est pas là pour prier, seulement pour sécuriser.
Merci au revoir.
Drôle de concept, quand même.
La laïcité à géométrie variable : elle s’assouplit autour d’une datte et d’un thé à la menthe, et elle se raidit dès qu’on sort une croix de 4 mètres au-dessus de la Concorde.
On n’interdit pas le culte. On choisit juste lequel a droit à la présence ministérielle et lequel n’a droit qu’au préfet de police et aux barrières.
Ministre des Cultes, donc. Tous les cultes. Sauf que certains cultes ont droit à l’iftar officiel, et d’autres à un communiqué sur « l’absence de menace particulière » et un gros dispositif.
Laurent Nunez a donc un culte qu’il fréquente et un culte qu’il surveille.
L’un a droit à la table, l’autre a droit aux barrières.
Et on voudrait encore nous expliquer que c’est un principe.
Non. C’est un choix, et le choix est assez clair.